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Pommes de terre
Une abondance plus maîtrisable qu’en 2014

Avec une récolte de pommes de terre de conservation record, tant dans l’Hexagone que dans l’ensemble des cinq grands pays producteurs européens du nord-ouest de l’UE, le spectre de la pléthore de 2014 a refait surface. S’il y a bien une forte baisse des prix, ce n’est pas vraiment l’ambiance de crise.

© DR

Après deux campagnes très bien équilibrées entre l’offre et la demande et des prix rémunérateurs, l’accroissement des surfaces de pommes de terre était prévisible. Il a atteint 5,5 % de plus que l’ann dernier pour une superficie globale dans les cinq pays de la zone NEPG *, de 534 312 hectares (ha), dont 119 188 ha pour la France, soit +5,1 %.

Cette extension des surfaces s’est accompagnée d’un très fort rendement moyen de 50,3 t/ha aboutissant à une production record de 29,3 millions de tonnes (Mt), 19,4 % de plus qu’en 2016 et 17,2 % supérieure à la moyenne quinquennale, la France établissant aussi un record avec 6,18 Mt, 20,9 % de mieux qu’en 2016 et +17,3 % que la moyenne quinquennale. En 2014, précédent record, à 6,07 Mt, le marché français s’était totalement effondré. Aujourd’hui, la baisse des cours par rapport aux deux dernières campagnes est importante, mais on ne perçoit pas la même atmosphère de crise qu’en 2014. À titre d’exemple, les diverses variétés cotent, stade expédition, 185 euros la tonne (€/t) (345 en janvier 2016), la charlotte, 440 €/t contre 750 €/t.

Si la chute apparaît spectaculaire pour les pommes de terre destinées à l’industrie, à 20 €/t contre 250 €/t l’an dernier, cette cotation est dénuée de signification, l’industrie étant absente du marché libre pour le moment. Par ailleurs, si les stocks chez les producteurs sont élevés avec 3,56 Mt à fin novembre, ils sont inférieurs à ceux de 2014, même date, qui atteignaient 3,79 Mt. Et surtout, 1,94 Mt de ce stock sont assurées dans le débouché industriel contre 1,77 Mt en novembre 2014.

Répondre à la demande de la transformation

La profession voit d'ailleurs la justification de l’expansion des surfaces dans la transformation. Entre 2012 et 2016, les volumes de pommes de terre travaillées par l’industrie dans la zone NEPG sont passés de 13,47 à 15,22 Mt et, depuis le début de la campagne, les usines tournent à fond dans l’Hexagone comme chez nos voisins gros transformateurs qui continuent, au Benelux comme en Allemagne, de développer leurs capacités de transformation et leurs importations de tubercules français.

Ainsi, depuis le début de la campagne et jusqu’à fin novembre, la Belgique a acquis 86 786 t de pommes de terre dans l’Hexagone, consolidant sa place de 3e client, derrière l’Espagne et l’Italie, dont les achats n’ont pas une destination industrielle. Les exportations vers l’Allemagne ont augmenté de 29 % sur l’an dernier et celles à destination des Pays-Bas, de 88 %. Il faut aussi noter la reprise des ventes aux pays de l’Est. À la fin novembre, les exportations françaises atteignaient 432 000 t, leur plus haut niveau des cinq dernières campagnes.

Une consommation décadente

S’il y a lieu de se féliciter de cette activité d’export, il n’en est pas de même pour le marché intérieur. La consommation de pommes de terre fraîches par les ménages a subi une érosion de l’ordre de 6 % sur deux ans. Le CNIPT (interprofession de la pomme de terre) voit dans la désaffection du public à l’encontre de la pomme de terre, la conséquence, entre autres, de carences qualitatives et de présentation dans les GMS. Il met au point avec Interfel un GIE qui permettra un renforcement des contrôles dans les magasins.

* Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas, Royaume-Uni.

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