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Réforme de la directive
Un premier pas européen sur le travail détaché

Le secteur des viandes salue la position adoptée par les ministres européens concernant le travail détaché, mais demande l’harmonisation des règles sur les cotisations sociales.

Les entreprises des viandes déplorent le dumping social dont elles sont victimes vis-à-vis de leurs concurrentes européennes.
© DR

Le Conseil européen est parvenu, le 23 octobre, à un accord sur sa position concernant la directive relative au détachement des travailleurs. Partant du principe qu’un même travail au même endroit doit être soumis aux mêmes conditions de travail et de salaire, la directive prévoit que « toutes les règles relatives à la rémunération qui s’appliquent aux travailleurs locaux devront également s’appliquer aux travailleurs détachés », celle-ci devra donc comprendre le taux de salaire minimal, et d’autres éléments comme les bonus et les indemnités. Les ministres du Travail de l’Union européenne se sont aussi accordés sur la durée du détachement, fixée à douze mois maximum – une demande de la France –, mais pouvant être prolongée de six mois supplémentaires, selon les besoins du prestataire de services. Le Conseil a fixé une durée de transposition de la directive de trois ans, auxquels s’ajoute une année supplémentaire avant son application.

Début des trilogues

Les négociations entre le Conseil européen, le Parlement européen et la Commission européenne doivent commencer ce mois-ci pour aboutir à un compromis entre les institutions. Les participants ont exprimé des points de vue divergents sur la durée maximale du détachement (24 mois pour le Parlement européen et la Commission européenne contre 12 mois, auxquels s’ajoutent 6 mois supplémentaires sur demande pour le Conseil européen). Deux autres points n’ont pas fait consensus, l’application ou non de la directive au transport routier, ainsi que la durée de transposition et de mise en application de la directive (quatre ans en tout pour le Conseil contre deux ans pour le Parlement).

Nous saluons la prise de conscience

Pour les entreprises des viandes, qui déplorent le dumping social dont elles sont victimes vis-à-vis de leurs concurrentes allemandes ou espagnoles, cette position commune est déjà un grand pas. « La main-d’œuvre est le premier coût d’un abattoir après l’achat des animaux vivants », indique Mathieu Pecqueur, directeur général adjoint de Culture Viande. « Ce positionnement est une première avancée importante, et nous saluons la prise de conscience de la distorsion de concurrence, mais il faut désormais aller plus loin et prendre en compte les cotisations sociales », ajoute-t-il. Une position partagée par Fedev (ex-FNICGV). « La directive ne concerne qu’une partie du bulletin de salaire, les charges sociales étant soumises au règlement 883/2004 qui reste inchangé. L’accord est un premier pas, mais pour rééquilibrer le coût du travail dans sa globalité, il faut harmoniser les régimes de Sécurité sociale pour que les charges sociales du lieu d’exécution du travail soient appliquées dès le premier jour du détachement », explique Yannick Henry, directeur délégué aux affaires sociales et à la formation de Fedev.

Création d’une Autorité européenne du travail

Dans son discours sur l’état de l’Union européenne le 13 septembre 2017, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a annoncé son intention de créer une Autorité européenne du travail « qui garantirait que les règles de l’UE sur la mobilité de la main-d’œuvre soient appliquées de façon juste, simple et efficace ». Une proposition en ce sens sera présentée pour la fin 2018, afin de renforcer la coopération entre les autorités du marché du travail et de mieux gérer les situations transfrontières. La Commission proposera d’autres initiatives, comme la création d’un numéro de Sécurité sociale européen.

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