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L'avis de Citeo
« Tant qu’il n’y a pas de filière de recyclage on induit le consommateur en erreur »

Antoine Robichon, Directeur Stratégie, Clients et Opérations de Citeo

Les Marchés Hebdo : A quel stade sont les différentes filières de recyclage des emballages en plastique ?

Antoine Robichon : Les bouteilles et flacons se collectent et se recyclent bien. Les filières des barquettes en PP et PE sont prometteuses et il faut rechercher leur équilibre économique. Celle des films en PE est en bonne voie. Nous travaillons sur les emballages en polystyrène comme les pots de yaourts, avec Total notamment. Il y a de bonnes pistes mais il faut d’abord isoler les flux. On ne sait pas encore traiter les plastiques complexes. En gros, sur un volume de 50% d’emballages plastique restant à recycler, 25% sont prometteurs et 25% sont au stade de la R&D. Citeo entend bien apporter 100% de solutions pour tous les emballages et papiers. C’est l’objet de notre appel à projet, doté d’un budget de 7,5 millions d’euros, pour lequel nous avons retenu 30 projets d’écoconception, de recyclage et de valorisation.

LMH : Un nombre croissant de collectivités collecte indifféremment tous les emballages en plastique. Le recyclage suit-il ?

A. R. : La facilitation du geste de tri progresse au rythme de nos travaux avec les collectivités pour nous assurer que celles-ci procède bien au tri. Il faut isoler les flux pour amorcer les filières de recyclage, comme celle des polystyrènes par exemple. Les emballages en PE et PP collectés par ces collectivités sont recyclés.

LMH : Comment le public procède-t-il avec un emballage souillé, ou compostable ?

A. R. : Les sondages montrent que des usages persistent, comme de laver les emballages. Pour casser les idées reçues, nous développons des vecteurs d’information avec des collectivités et des association, dont des applications sur smartphone. Le compostage est très peu connu. Nous craignons que des emballage considérés biodégradables, ne soient laissés dans la nature. Certains emballages ne sont compostables qu’en milieu industriel. Mais ni les filières de collecte ni les moyens de transformation ne sont en place. Tant qu’il n’y a pas de filière on induit le consommateur en erreur. Le compostage à domicile est l’idéal mais à notre avis, ne peut concerner que les films et petits éléments. La question des bioplastiques est compliquée aussi. Les plastiques biosourcés qui se recyclent comme les autres sont intéressants. D’autres risquent de polluer la chaîne de recyclage. On ne devrait pas s’appuyer sur des généralités pour concevoir un emballage mais s’assurer des filières de collecte et de recyclage existent.

Propos recueillis par Sylvie Carriat

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