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Produits laitiers
Sodiaal Fromages : « on a fait une meilleure année »

Olivier Athimon, directeur général de Sodiaal Fromages depuis septembre 2019, répond aux Marchés Hebdo sur l’évolution de l'activité du groupe depuis la mise en œuvre de la loi Egalim et défend les valeurs de la coopérative.

Olivier Athimon, directeur général de Sodiaal Fromages. © Sodiaal
Olivier Athimon, directeur général de Sodiaal Fromages.
© Sodiaal

Les Marchés Hebdo : Comment se porte Sodiaal Fromages ?

Olivier Athimon : On a fait une année meilleure que 2018. Notre marque, Entremont, qui avait difficilement démarré, a bien fini. Nous avions été leaders sur les états généraux, nous avions poussé pour une revalorisation des prix du lait. Cela nous a conduits à subir des attaques fortes de la concurrence, mais elles n’ont pas duré. Et la saison de la raclette s’est très bien passée, avec des facteurs climatiques plus favorables que l’an dernier.

LMH : L’année 1 de la loi Egalim a-t-elle été bénéfique à Sodiaal Fromages ?

O. A. : Elle a été plutôt bénéfique à nos éleveurs. C’était très compliqué pour eux. Les enseignes ont répondu, certaines tout de suite, d’autres plus tard, sur les marques et sur les MDD un peu après. Je me réjouis de voir que sur l’année 2 cette prise de conscience se poursuit. Nous allons à nouveau signer des accords avec la plupart des enseignes, c’est une vraie satisfaction.

Nous avons créé une force de vente crémerie

LMH : La stratégie du groupe était de renforcer les bastions de la coopérative et de développer les produits du terroir et les AOP ? Où en est ce plan ?

O. A. : Nous sommes de plus en plus exigeants sur la qualité des laits, et dans la segmentation du lait (sans OGM, de pâturage…), le bio se développe aussi. Et nous avons adapté notre force de vente face à des clients de plus en plus portés sur la segmentation. Nous avons désormais une force de vente dédiée à la coupe et une au rayon libre-service. Les crémiers qui sont 3 500 en France se développent à nouveau. Nous avons aussi créé une force de vente crémerie. Et cela commence à porter ses fruits. Nous comptons poursuivre en 2020. Nous voulons aussi accélérer sur l’innovation produit. La grande réussite du fromage est d’avoir réussi à s’adapter à l’évolution de la consommation. Nous avons encore d’énormes opportunités sur nos AOP, mais aussi sur nos fromages du quotidien.

LMH : Entremont s’est également lancé sur le bio, une réussite ?

O. A. : Cela a bien pris sur l’emmental grand cru. Nous entendons continuer. La gamme de fromages va s’élargir en bio, à marques et en MDD.

Elle a été plutôt bénéfique à nos éleveurs

LMH : Le groupe avait aussi des ambitions à l’export…

O. A. : Notre activité se développe à l’export, essentiellement avec les fromages du quotidien (comté, emmental, raclette, cheddar), en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Benelux et en Grande-Bretagne. On connaît aussi de belles progressions en Amérique du Nord, et nous sommes contents que les taxes n’aient pas été développées aux États-Unis.

LMH : Comment se passent les négociations commerciales 2020 ? Le prix payé aux producteurs va-t-il s’approcher des 390 euros les 1 000 litres ?

O. A. : Les relations se sont un peu apaisées. Sodiaal est la plus belle coopérative laitière au monde. Elle a en elle des valeurs de générosité très fortes, elle ne veut pas laisser un seul éleveur au bord de la route. Elle a même tendu la main à des sociétés en difficulté, comme Entremont en 2011. Sodiaal a plus de 3 000 éleveurs en lait de montagne. Elle collecte le lait d’un éleveur sur cinq en France, et compte dix-sept fromageries en zones de montagne. Nos clients des GMS commencent enfin à le comprendre. Ça handicape les performances économiques de Sodiaal, mais les consommateurs commencent à comprendre aussi. Le vrai visage de Sodiaal revient, c’est ce qui m’a attiré.

Pour les 390 euros les 1 000 litres, on s’en rapproche, même si ça ne va jamais aussi vite que chez des confrères qui ont des collectes plus ramassées. Les fromages ingrédients, l’exportation et la RHD ne rentrent pas dans ces accords. Et les excédents laitiers, nous n’avons pas d’autres solutions que de les convertir en beurre poudre.

LMH : Quelles sont vos priorités pour les mois à venir ?

O. A. : Poursuivre cette proximité avec nos clients. Sodiaal Fromages a un plateau exceptionnel (les produits du quotidien et vingt et une filiales AOP). L’objectif : faire de nos AOP un élément de différenciation, les amener à accompagner cette évolution de consommation. On va intensifier leur présence à l’apéritif, en entrée et en solution. Quand Burger King fait une opération avec du cantal, c’est stratégique. On a les outils de transformation et de conditionnement qui nous permettent de le faire.

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