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Shutdown et guerre commerciale embrouillent le marché du soja

Comment ont évolué les prix des oléagineux ces 7 derniers jours ? Les journalistes de la Dépêche-Le Petit Meunier vous expliquent les dernières variations des cotations du colza, du soja et du tournesol.

un graphique avec une courbe, sur fond de grains de colza, soja et tournesol
Comment ont évolué les prix des oléoprotéagineux ces 7 derniers jours ?
© Généré par l'IA

Les prix du colza sur Euronext et sur les marchés physiques hexagonaux ont progressé entre le 6 et le 13 octobre, gagnant entre 7,25 €/t et 6,25 €/t selon les marchés. Le soja coté à Chicago s’est en revanche déprécié de 16 cts$/boisseau sur la semaine. Les prix du tournesol et des pois sont demeurés stables. 

Colza : prix en hausse 

Sur la semaine, les prix du colza sur Euronext et sur le marché physique français ont progressé, avec des hauts (au-dessus 471 €/t) et des bas (proche de 462 €/t) sur Euronext pendant la semaine. La faiblesse de l’euro face au dollar US, les annonces du président des Etats-Unis sur les aides aux cultivateurs de son pays et les évolutions du soja sur le Cbot ont marqué le marché européen. Sur le marché physique français, l’activité en colza est toujours aussi calme. Le marché n’est pas vendeur, malgré une demande régulière sur le premier trimestre 2026. Les industriels sont déjà bien couverts sur la fin de l’année. Agriculteurs et collecteurs sont attentistes. En Europe, à suivre dans les jours à venir, la reprise effective ou pas du colza origine Ukraine.

Tournesol :  stabilité des prix 

En tournesol, les prix sur les places hexagonales sont globalement stables, sur la base des 540 €/t. Il faut dire que le marché se cherche, en cette fin de récolte qui présente des rendements plutôt décevants, avec une grande hétérogénéité selon les territoires. Les opinions des opérateurs sont très divergentes, sur ce marché en manque de liquidité. Entre questionnement sur la compétitivité de l’huile de tournesol tricolore et une moindre production ukrainienne attendue, les acteurs du marché sont dans le flou artistique.

Chaleurs et sécheresse ont affecté les rendements du tournesol au sud de la Loire 

Le rapport mensuel du 14 octobre d’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture en France, confirme que les récoltes en cours sont en baisse pour 2025 en ce qui concerne les principales cultures d’été. « La production de maïs grain serait ainsi inférieure de 8 % à celle de l’an dernier pour s’établir à 13,7 millions de tonnes (Mt), un niveau proche de la moyenne quinquennale (2020-2024) » précisent les spécialistes du ministère avant d’indiquer que pour le tournesol, « les perspectives de rendements 2025 sont de nouveau révisées à la baisse (21,2 q/ha en moyenne). Elles traduisent une diversité de situations, entre territoires au sud de la Loire affectés par les conditions météo du mois d’août, et régions, comme le Grand Est, où les rendements dépassent la moyenne 2020- 2024 ». Au niveau national, la production de tournesol « serait inférieure de 18 % à la moyenne quinquennale ». Côté protéagineux, la production progresserait de 19 % sur un an, « portée par la hausse des surfaces de féveroles et celle du rendement du pois protéagineux ». Alors que l’on est en pleine campagne d’arrachage, le rendement des betteraves « est pour l’heure estimé supérieur de 12 % à la moyenne des cinq campagnes précédentes ». 

Soja : recul des cours

En soja, les cours du CBOT à Chicago ont enregistré des pertes de 16 cts$/boiss. pour la semaine passée sur le contrat de novembre, avec une succession de séances à la baisse et à la hausse. Les rendements annoncés comme extraordinaires en tout début de campagne semblent se tasser quelque peu aux États-Unis. Les marchés à terme du soja évoluent sans trop de repères à l’heure actuelle en raison d’arrêt des services administratifs aux États-Unis (“shutdown”), privant les opérateurs de données officielles sur les rendements notamment. Cependant, l’absence de ventes états-uniennes à destination de la Chine continue d’alimenter les craintes, même si la prochaine rencontre fin octobre entre Donald Trump et Xi Xinping suscite quelques espoirs. Le marché a également réagi aux annonces du président étatsunien sur les aides apportées aux agriculteurs US pour compenser des pertes dues aux tarifs commerciaux mis en œuvre. 

 Pois : activité au ralenti 

En départ Marne, le prix du pois fourrager est inchangé entre le 6 et le 13 octobre ; ceux du pois jaune sont restés stables dans un marché qui suit une tendance baissière avec une offre trop abondante. En rendu Pontivy-Guingamp, le pois fourrager est coté à 240 € en nominal avec un important disponible sur le marché ; le prix de la féverole reste sous pression baissière avec un prix acheteur à 220 €/t.

Cet article a été écrit par les journalistes spécialisés de La Dépêche-Le Petit Meunier, qui accompagne depuis 1938 les opérateurs du commerce des grains.

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