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L’avis d’une coopérative agricole
Réflexion de blockchain : « nous devons être prudents sur le choix des solutions »

Emmanuel de Taffin, directeur des investissements, achats et moyens généraux de Terres du Sud.
© DR

Les Marchés Hebdo : En quoi consiste la réflexion que vous menez sur le système blockchain, et d’où est-elle venue ?

Emmanuel de Taffin : Nous réunissons actuellement des éléments d’information sur les moyens à mettre en œuvre, les modèles de blockchain et les besoins des clients. Peut-être avancerons-nous vers un prototype. Ceux qui nous ont inspiré la réflexion sont nos clients de la grande distribution acheteurs de nos marques de volaille Blason d’or et Delmond Foies gras. Le message appuyé de Carrefour et d’Auchan est « tenez-vous prêts ». Nous ne voulons pas être en retard, mais nous devons être prudents sur le choix des solutions.

LMH : Quels sont les besoins exprimés par ces distributeurs ?

E. T. : A priori, ils sont très portés sur la traçabilité et communication aux consommateurs. Mais ils tardent à exprimer leurs besoins concrets en matière de blockchain. Il n’y a pas encore de cahier des charges.

LMH : Pourquoi penser à une blockchain, puisque la traçabilité et la communication aux consommateurs peuvent s’en passer ?

E. T. : Dans une blockchain privée – ce que nous envisageons –, la base de données est décentralisée et elle se constitue par des intervenants qui ont des droits d’accès. Elle est infalsifiable. De plus, une fois qu’on a un premier modèle de blockchain interne, le codage, qui est universel, permet de communiquer avec d’autres blockchains.

LMH : Comment s’organise la réflexion. Quelles initiatives avez-vous déjà prises ?

E. T. Nous avons réuni dans un groupe de projet les responsables d’activités de l’ensemble des filières, en alimentation animale, en élevage, en abattage et en transformation. L’objectif est de nourrir une base de données par la saisie ou la remontée de notre système d’information. Pour l’heure, nous partageons nos connaissances théoriques. Dans une blockchain, la gestion de l’information demande beaucoup d’implication.

LMH : Vous préparez-vous à des adaptations informatiques ?

E. T. : Voyant que Carrefour, après la première blockchain du poulet label Rouge d’Auvergne, semble s’orienter vers une solution IBM, nous envisageons d’impliquer cette société dans la réflexion.

LMH : Que prévoyez-vous en matière d’investissements matériels ?

E. T. : L’investissement peut être important. Au-delà de répondre uniquement au cahier des charges des distributeurs, nous aimerions pouvoir conforter la démarche par d’autres applications. « Que voudrions-nous, nous, Terres du Sud, communiquer ? » est une question. « À quoi pourront nos investissements nous servir demain ? » en est une autre.

Propos recueillis par Sylvie Carriat

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