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Quel impact pourrait avoir un Super El Niño sur l’élevage français ?

Les éleveurs français ne vont pas être concernés directement par ce phénomène météo qui affecte le Pacifique, ils pourraient néanmoins en subir des conséquences indirectes via le marché mondial en lait et en viande. 

Inondation d'une parcelle de maïs ciel orageux
Le phénomène El Nino s'annonce fort cet hiver et pourrait entraîner des conditions plus humides que la moyenne dans certains pays, et plus sèches dans d'autres pays.
© Sophie Chatenet-Giraud

Le phénomène El Niño se répète tous les deux à sept ans. Mais si cette année il fait couler beaucoup d’encre, c’est qu’il devrait être plus fort que la normale. 

Lire aussi : Produits laitiers : l’Europe perd des parts sur le marché mondial, qui en gagne ? 

Quels pays sont concernés par El Niño ?

Le phénomène climatique El Niño se traduit par une intensification des pluies en Asie centrale, sur la corne de l’Afrique, sur le Sud des États-Unis et le Nord du Mexique, ainsi que le Sud du Brésil et une partie du Chili. A l’inverse, l’Australie, les Philippines, l’Indonésie et la Malaisie, comme l’Inde, le Sahel, l’Afrique du Sud et une zone qui va de l’Amérique centrale au milieu du Brésil sont confrontés à une période plus sèche que la moyenne. Ce phénomène peut donc avoir un impact fort sur l’agriculture mondiale. En France, l’impact de El Niño « est généralement nettement plus faible que l’impact moyen lié au changement climatique » précise Météo France. Il reste néanmoins possible de constater une influence cet hiver. 

Lire aussi : Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035

El Niño entraîne des conséquences sur l’élevage mondial

L’institut britannique AHDB récapitule : les sécheresses pénalisent l’élevage avec la baisse des disponibilités fourragères et de la pousse de l’herbe, donc une hausse des coûts de production puisque les éleveurs doivent complémenter les troupeaux. Le stress thermique pénalise la productivité (lait ou taux de croissance) et la fertilité des troupeaux, voire engendre de la mortalité. Les risques sanitaires sont aussi plus élevés, et enfin les éleveurs sont contraints d’abattre plus rapidement les animaux faute de pouvoir les nourrir, ce qui engendre un afflux d’offre. 

Lire aussi : Lait : dans quels pays la collecte va-t-elle le plus progresser en 2026 ? 

Les conditions au contraire trop humides rendent les pâtures impraticables, réduisent la qualité des fourrages et perturbent le calendrier cultural. Elles favorisent les parasites, conduisent à des déplacements de troupeaux pendant les inondations et causent des pertes. 

Lire aussi : 14 millions d’ovins exportés dans le monde : d’où viennent-ils, où arrivent-ils ? 

Ainsi sécheresse comme inondations perturbent les systèmes d’élevage et la production de lait et de viande ce qui joue sur les marchés mondiaux. 

Pas de lien immédiat entre El Niño et prix mondiaux de la viande 

Si ces conséquences sont visibles sur le marché mondial, elles ne sont pas prévisibles à l’avance. Car El Niño n’entraîne pas systématiquement une baisse ou une hausse des prix. AHDB donne l’exemple de l’Australie : lors du dernier El Niño fin 2023, le pays souffrait déjà de la sécheresse et était dans une phase de décapitalisation qui a été accentuée par le phénomène, d’où une chute historique des prix avant même l’épisode. Ils ont ensuite rapidement remonté avec la bonne demande mondiale et des stocks plus serrés. Actuellement, l’Australie ne subit pas de sécheresses et les nappes sont à un bon niveau dans le pays, « si décapitalisation il y a, ce devrait être plutôt sur 2027 si les ressources en eau se réduisent » note ainsi AHDB.

Sur le marché des produits laitiers, des anticipations liées à El Niño

Sur le marché des produits laitiers, la FAO évoque le poids croissant des incertitudes climatiques. Après une période de détente, les prix pourraient se ressaisir, ce qui est déjà en train d’être observé sur le marché mondial en conséquence de l’été catastrophique en Europe. Les opérateurs commencent à anticiper ce fameux Super El Niño, ce qui agite les marchés mondiaux et raffermi les cours avant même des effets concrets. 

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