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Le point de vue de Culture Viande
Promotions du porc : « nous préférons un accord interprofessionnel qui serait mieux que la loi »

Paul Rouche, directeur général délégué de Culture Viande.
© Culture Viande

Les Marchés Hebdo : Quel bilan tirez-vous des promotions de janvier sur la viande de porc ?

Paul Rouche : Cela a été une catastrophe. Des côtes de porc à 1,50 €, je n’avais jamais vu ça avant ! Cela a fait perdre de l’argent aux abattoirs et aux éleveurs. Et ce, alors qu’un mois avant l’ensemble de la distribution avait signé une charte d’engagements. La distribution se sert du porc pour faire un produit d’appel en oubliant cette charte et les plans de filière. La guerre des prix entre distributeurs ne se fait plus que sur quelques produits, notamment la viande de porc, dont le prix au cadran était faible au début de l’année. 65 % des volumes de porcs sont encore vendus en promotion : il faut que cette filière arrive à sortir du fait d’être un simple produit d’appel.

LMH : Que pensez-vous des mesures que souhaite prendre le gouvernement pour encadrer les promotions dans le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire ?

P. R. : Sur le fond, c’est vrai qu’il faut réguler les promotions, mais nous souhaitons un accord interprofessionnel qui serait mieux que la loi, pour se baser sur des indicateurs et avoir plus de souplesse. À certaines périodes, il est nécessaire d’avoir des opérations de promotion, mais la réglementation est souvent trop compliquée, trop rigide. La mesure inscrite dans le projet de loi n’est pas bonne.

LMH : Les plans filières des viandes bovines et porcines, réalisés par Interbev et Inaporc, évoquent la nécessité d’un accord interprofessionnel, pourquoi ? Que souhaiteriez-vous y voir inscrit ?

P. R. : Dans tous les pays d’Europe, le prix du porc est beaucoup moins cher qu’en France (environ 5 € la côte de porc contre 7,50 €), par contre, les promotions sont d’environ 20 %. En France, on perd 4-5 % de consommation par an. On a besoin de changer de stratégie. Si la loi intervient sur les promotions, les interprofessions demandent qu’un accord interprofessionnel puisse se substituer à la loi. Toutes les interprofessions sont d’accord sur un amendement en ce sens. Il nous faut un engagement de la distribution de respecter un prix de vente de la longe en promotion en fonction d’indicateurs et qui ne soit pas une braderie. On préfère un accord global, avec des prix attractifs pour les consommateurs et des promotions raisonnables, plutôt que deux périodes de promotion. Il faut enfin mettre en place une stratégie marketing avec des produits différenciés. On doit enfin sortir des simples côtes de porc sous-vide.

Propos recueillis par Nathalie Marchand

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