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Conjoncture
Produits laitiers : premiers effets du Brexit

Premier printemps hors de l’Union pour nos voisins britanniques. L’heure de vérité pour les industriels en cette période de pic saisonnier de la collecte.

Chaque année, lors du pic printanier de la collecte de lait de vache, le Royaume-Uni exporte des volumes excédentaires qui déséquilibrent le mix produits, de la crème ou de la poudre écrémée notamment. Cette année, la production est attendue en avril similaire à celle de l’an dernier. Sur l’ensemble du pic, elle devrait atteindre son niveau de 2019, selon les prévisions d’AHDB*, dépassant celui de 2020, quand l’aval avait prôné une limitation de collecte dans un contexte de confinement. Malgré le Brexit, la plupart des discussions du Milk Forecasting Forum étaient optimistes, les industriels estimant pouvoir continuer à exporter, dans un contexte de demande communautaire présente et d’échanges normalisés, rapporte AHDB. Reste que si une usine rencontre un problème technique et que la production est transférée à un nouveau site, les procédures pour exporter pourraient être plus longues et donc contrarier les envois.

Des exportations chaotiques à relativiser

Les exportations britanniques de produits laitiers vers l’Union se sont effondrées en janvier, affichant un formidable – 96 % selon les données des Douanes. Un plongeon à relativiser. Dans l’incertitude totale sur les conditions d’échanges post Brexit, la plupart des opérateurs avaient pris les devants et concentré leurs envois en fin d’année 2020. Ainsi quand on raisonne sur la période octobre 2020-janvier 2021, la baisse n’est plus que de 23 %. Une baisse qui n’est pas entièrement liée au Brexit mais aussi à la pandémie et la fermeture du secteur de la RHF sur le continent. Tous les échanges internationaux ont été aussi contrariés sur la période par la pénurie de conteneurs. Pour preuve, les envois vers les autres destinations ont aussi chuté de 27 %.

Les importations de notre voisin ne semblent pas avoir autant souffert en janvier, c’est le cas par exemple pour le yaourt, dont les achats ont progressé de 4 %. C’est un marché porteur, le Royaume-Uni a vu ses achats de yaourts bondir de 20 % en 2020, (+45 000 t), selon AHDB. La France s’est distinguée en augmentant ses envois de 33 %.

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