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L’avis du président de la FIA
Pour l’industrie de la volaille, « le Brexit est une incertitude majeure »

Paul Lopez, président de la Fédération des industries avicoles.
© DR

Les Marchés Hebdo : Pouvez-vous décrire le climat des négociations commerciales entre industriels de la volaille et distributeurs, sur fond de relèvement du seuil de revente à perte ?

Paul Lopez : Après avoir fait le tour des membres de la FIA, je n’ai pas de retour particulier à signaler. Le seuil de revente à perte (SRP, ndlr) n’a soulevé aucune problématique. Le débat sur le SRP intéresse davantage les distributeurs.

LMH : L’encadrement des promotions commence à se préciser. Comment les industriels le perçoivent-ils ?

P. L. : Nous étions plutôt demandeurs de la restriction des promotions, pour éviter les opérations du type « un gratuit pour un acheté ». La limitation des réductions n’entraîne pas de difficulté a priori. Mais pour ce qui est des volumes, nous nous ferons une opinion au fur et à mesure des éclaircissements de la DGCCRF. La problématique recouvre plusieurs enjeux. Pour un certain nombre de produits comme le poulet label Rouge, le lapin et d’autres volailles qui font la richesse et la variété de l’offre française, la loi peut entraîner de grosses difficultés. Certains produits ne se voient que mis en avant. L’interprofession a déjà signalé que la limitation en volume des promotions pouvait aller à l’encontre du plan de filière qui prévoit plus de production de poulets sous label. Nous espérons voir venir des aménagements qui ne pénaliseraient pas de produits. Élargir l’assiette des volumes en promotion à différentes familles est une piste.

LMH : L’interprofession a posé ses indices, ceux qui déclenchent les renégociations dans l’accord du 3 mai 2011. La loi Egalim vous fait-elle espérer des prix de vente plus proches de l’évolution des coûts de production ?

P. L. : C’est toujours souhaitable, mais jamais une loi n’a fait le prix de marché. Nous restons, tous ensemble dans l’interprofession, très attentifs aux évolutions découlant des états généraux de l’alimentation.

LMH : La conjoncture se prête-t-elle à la reconquête des marchés de l’industrie et de la restauration ?

P. L. : Les Brésiliens ont tapé très fort à la fin 2018. Cette offensive a eu un effet négatif, par ricochet, sur le filet de poulet pour l’industrie et la restauration. Le Brexit est une incertitude majeure. Les Pays-Bas et la Pologne sont des gros fournisseurs du marché britannique. Un Brexit dur impliquerait des droits de douane supérieurs à 1 euro par kilo. Je ne pense pas qu’il y aura un détournement des flux dès le lendemain du 29 mars. Mais la perspective de report de ces volumes sur le marché communautaire est redoutable.

Propos recueillis par Sylvie Carriat

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