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Porc
Une flambée qui appelle à plus de renégociations

Si les éleveurs de porcs se réjouissent de l’envolée du cours du porc vif, ce n’est pas le cas pour tous les opérateurs de la filière porcine à l’image des industriels de la charcuterie.

Les charcutiers industriels, majoritairement des PME, transforment 75 % de la production française.
© Fict

La crise de la peste porcine africaine continue de porter le cours du porc à un niveau durablement haut, ce qui est inédit à cette période de l’année. L’exceptionnelle demande chinoise s’est intensifiée au troisième trimestre, aussi bien en volume qu’en valeur. Les derniers chiffres de la Commission européenne indiquent que le prix moyen du porc en Europe a grimpé de 36 % sur un an en semaine 46 alors que le cours des porcelets poursuivait son envolée de 63,6 %.

C’est une crise sans précédent

Si les éleveurs se réjouissent de cette situation, les industriels de la transformation en sont moins ravis. Les opérateurs de la charcuterie et de salaison peinent à répercuter la hausse du prix du porc auprès de la grande distribution, que ce soit en Espagne, en Allemagne ou en France. « C’est une crise sans précédent », s’exclame Bernard Vallat, président de la Fict, qui indique par ailleurs que « le coût des matières premières représente en moyenne 50 % du coût de la production des produits commercialisés ». En France, selon l’Insee, le prix à la consommation en septembre a augmenté de seulement 4,6 % pour le jambon supérieur et de 4,7 % pour les viandes salées, séchées et fumées alors que dans le même temps le prix du porc à Plérin a connu une envolée de 34,3 %. Les charcutiers industriels, majoritairement des PME, transforment 75 % de la production française et se voient menacés par l’inégalité de la hausse des prix pratiqués entre la production et la distribution.

Renégociation auprès des GMS et perspectives

Les contrats entre industriels et distributeurs ont été fixés en début d’année, avant l’essentiel de la flambée des cours du porc. « On a réussi à rattraper environ la moitié de l’augmentation des cours, mais il nous faudrait une revalorisation d’à peu près 25 % pour ne pas accuser de pertes », estime Bernard Vallat. Si en France la loi Egalim a permis de faciliter les renégociations commerciales entre les différents acteurs de la chaîne, ce n’est pas le cas ailleurs en Europe où la situation semble encore plus tendue, notamment chez nos voisins allemands et espagnols. Pour l’instant, les opérateurs craignent une pénurie éventuelle des approvisionnements sur le marché intérieur. L’appel d’air du géant chinois avec des tarifs toujours haussiers séduit les fournisseurs européens au détriment, dans certains cas, des transformateurs locaux.

De plus, la consommation de charcuterie a baissé depuis le début d’année. Selon FranceAgriMer, en cumul du 1er janvier au 31 octobre 2019, les achats des ménages pour une consommation à domicile ont diminué en jambons de 2,3 % et de 0,6 % pour les autres charcuteries. Toutefois, il semblerait que les achats en restauration hors domicile soient stables. Certains craignent une déconsommation plus accentuée si les prix des charcuteries augmentent, avec comme conséquence un report de la consommation sur la volaille notamment le poulet, dont le prix est actuellement bas. Ce n’est pas sans rappeler la situation actuelle en Chine où les consommateurs se tournent vers d’autres viandes de substitution.

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