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Porc : le Mexique enquête sur le porc américain

Le Mexique a lancé une enquête antidumping sur ses importations de porc américain, soupçonnées d’être subventionnées. Cette décision fait suite aux protestations des producteurs locaux. D’autres pays exportateurs peinent également à accéder au marché mexicain.

Porc en supermarché au Mexique
Sur le marché intérieur du Mexique, la viande porcine locale est fortement concurrencée par les importations étrangères.
© Catherine Takougang

Le gouvernement mexicain a lancé, le 15 décembre dernier, une enquête sur ses importations américaines de jambon et d’épaule de porc.

Les États-Unis, premier fournisseur de porc au Mexique 

La consommation de porc au Mexique a progressé de 1 % en 2025 pour atteindre 2,83 Mt équivalent carcasse (CWE), selon l’USDA. Troisième importateur mondial de viande porcine, le pays dépend des importations pour près de la moitié de sa consommation. Profitant de leur proximité géographique, les États-Unis ont fortement renforcé leurs expéditions vers le marché mexicain et s’imposent comme son principal fournisseur. En 2025, les États-Unis ont fourni environ 86 % du porc importé au Mexique. Les importations américaines ont ainsi atteint 95 030 t, en hausse de 15 % sur un an. 

Lire aussi : Marché du porc : quel impact de la trêve commerciale entre la Chine et les États-Unis ? 

Une enquête antidumping attendue par les producteurs du Mexique

Les producteurs mexicains soutiennent que l’afflux de porc américain a capté presque toute la croissance de la demande, forçant l’excès d’offre intérieure vers des marchés de moindre valeur. Affectés par cette situation de monopole américain, un groupe d’éleveur mexicains, représentant 65 % de la production porcine du pays, a milité et impulsé cette démarche lancée par l’État mexicain. 

Le Mexique en réflexion sur des droits de douanes antidumping du porc américain

Selon le verdict, le Mexique pourrait imposer des droits de douane ou d’autres droits correctifs sur les importations de porc concernées. Cette évolution est significative, car, depuis 2009, le Mexique trône au sommet du palmarès des principales destinations pour la viande et les produits de porc américain. Ce qui mettrait en danger 38 % des exportations américaines de porc.

L’enquête examinera les données d’importation de 2024, avec une période de dommage couvrant 2022 à 2024. Durant cette période, les importations totales de porc au Mexique ont augmenté de 10 %, dont une hausse de 9 % en 2024, tandis que la production nationale a progressé à un rythme plus lent.

D’autres importateurs de porc déstabilisés par la politique mexicaine

Pour l’instant l’Union européenne profite peu de la dynamique mexicaine. C’est principalement l’Espagne qui arrivait à exporter du porc vers le Mexique en raison de 12143 tonnes expédiées entre janvier et octobre 2025, selon les données de la Commission européenne. Mais depuis la détection de peste porcine africaine en Espagne, le pays a fermé ses frontières au porc espagnol. 

Lire aussi : Les prix du porc sous pression en Europe par crainte d’un afflux de viande espagnole 

Le Brésil, dans la ligne de mire des producteurs mexicains

De son côté, le Brésil, dont les exportations porcines ont progressé de 111 % en volume entre janvier et septembre 2024 par rapport à la même période de 2023, se retrouve également dans le viseur des producteurs locaux. Le pays avait profité de la politique de libre échange du Mexique pour renforcer sa présence sur le marché. Désormais l’Organisation des producteurs porcins mexicains (OPORMEX) s’oppose à ces flux, qu’elle juge également responsables de la saturation du marché intérieur. L’OPORMEX compte saisir la justice afin de bloquer les importations de porc en provenance du Brésil.

Lire aussi : Poulet : même privé du marché chinois, le Brésil bat un record à l’export 

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