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Compétitivité
Pacte productif 2025 : l’agroalimentaire rend sa copie

À travers le pacte productif 2025 lancé par le gouvernement, les organisations de filière agroalimentaire ont présenté les objectifs ambitieux de retrouver de la compétitivité à l’étranger, en recrutant et en stimulant les exportations.

De gauche à droite :Richard Girardot, président de l'Ania,Christiane Lambert, présidente de la FNSEA,Dominique Chargé, président de Coop de France.
© V. R.

Annoncé par le président de la République le 25 avril 2019, le pacte productif vise à atteindre le plein-emploi d’ici à 2025 et à accroître la part de PIB de l’industrie et de l’agriculture pour atteindre 15 % en 2025 et 20 % à horizon 2030. La FNSEA, l’Ania et Coop de France y voient l’occasion d’aller plus loin que la loi Alimentation pour permettre aux filières agroalimentaires françaises de retrouver la voie de la compétitivité sur la scène internationale.

Lors d’une conférence de presse, le 1er octobre 2019, les trois entités ont présenté leur contribution au pacte sur le volet de la filière alimentaire. Elles ont affirmé toutes les trois vouloir être accompagnées par l’État pour réussir à répondre à la fois aux attentes des consommateurs et à l’impératif de compétitivité sur les marchés européen et mondial. « L’un des objectifs du pacte est de porter à 15 % la part de l’industrie et l’agriculture dans le PIB français d’ici à 2025 – aujourd’hui à 13,5 % – et à 20 % d’ici à 2030. La part de la filière agricole et agroalimentaire dans le PIB est aujourd’hui à 3,8 %. L’objectif serait de la porter à 4,5 % d’ici à 2025 et à 6 % pour 2030 », avance Richard Girardot, président de l’Ania.

La France manque de main-d’œuvre logistique et de techniciens

La filière présente trois objectifs ambitieux pour y parvenir : travailler sa compétitivité sur les coûts, adapter ses outils de production grâce à une capacité d’investissement retrouvée, et augmenter d’au moins 20 % les emplois d’ici à 2025 (40 % d’ici à 2030). « La France manque de main-d’œuvre logistique et de techniciens », ajoute Richard Girardot.

En 2018, 21 000 offres d’emploi dans l’agroalimentaire n’ont pas été pourvues (soit 11 %). « Les besoins doivent aussi s’adapter à la demande d’emploi qui est en face. Aujourd’hui, le secteur agricole et agroalimentaire n’emploie que 500 000 personnes en France », souligne Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Abaisser le seuil d’accès aux financements publics

La filière agroalimentaire française souffre par ailleurs d’un manque de capacité à investir comparé à ses voisins européens. Les trois organisations militent entre autres pour l’abaissement du seuil d’accès aux financements publics et la simplification des démarches administratives pour résoudre le problème. « Les investissements agroalimentaires en France ont diminué de 2 % depuis 2013, alors qu’ils ont augmenté de 16 % en moyenne dans le reste de l’Europe, tirée par l’Allemagne à +50 %. Par ailleurs, le secteur des transports routiers et ferroviaires souffre aussi de sous-investissements », affirme Dominique Chargé, président de Coop de France.

Enfin, le pacte productif 2025 présente aussi l’occasion de stopper la hausse des importations agroalimentaires « qui ne sont jamais allées aussi crescendo », selon Christiane Lambert. La filière souhaiterait augmenter de 60 % les exportations des produits agricoles et agroalimentaires d’ici à 2030 (+35 % d’ici à 2025).

Les importations croissent plus vite que les exportations

Malgré une augmentation des exportations françaises en valeur toutes destinations confondues, la France perd des parts de marché, notamment vis-à-vis des principaux pays de l’Union européenne tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne et l’Espagne. Ces pays représentent pourtant le premier débouché de la filière alimentaire française. La part des exportations alimentaires françaises dans les exportations totales de la zone euro est ainsi passée de 22 % en 2001 à 16 % en 2019. Les importations croissent en revanche beaucoup plus vite, en particulier pour les fruits et légumes qui ont connu des hausses respectives de 67 % et 50 % sur les dix dernières années. « La France est déficitaire dans ses échanges agroalimentaires avec le reste de l’UE pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale », a rappelé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

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