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« Nous avons une approche globale et européenne de l’agriculture bio »

Lionel Wolberg, PDG de ProNatura.
© DR

Les Marchés Hebdo : Comment gérez-vous la progression de la demande en fruits et légumes biologiques ?

Lionel Wolberg : ProNatura est un cultivateur de filières biologiques. Cela résume assez bien ce que nous sommes. Nous définissons nos besoins en termes de production sur un an déterminant la volumétrie, la variété et le conditionnement. Nous travaillons avec 1 500 producteurs dans le monde, dont une grande majorité est française à 70 %. Nous avons une vision globale, ce qui nous permet notamment de gérer les aléas climatiques. Chez nous, nous n’avons pas de carence de production. Nous arrivons toujours à satisfaire les besoins parce que nous avons une vision globale. En fonction des aléas climatiques, nous pouvons gérer d’un bassin à l’autre, car nous savons ce qui va sortir où et quand.

LMH : Poussez-vous à l’augmentation de la production française et aux conversions ?

L. W. : Nous sommes en contrat avec des producteurs, avec qui nous travaillons depuis trente ans. Les contrats sont d’une durée de dix mois pour l’arboriculture et de six mois pour le maraîchage. Le marché français est plutôt autosuffisant à partir du moment où la conversion est orchestrée par rapport aux besoins. Pour les produits dits de saison, nous avons les volumes suffisants. En ce qui concerne les conversions, nous devons accompagner les producteurs, mais pas dans n’importe quel sens. Il n’est pas question que les producteurs fassent n’importe quoi. Le local, c’est bien, mais il faut écouler les produits. Comme nos débouchés sont multicanaux, nous sommes capables de valoriser les productions.

LMH : Quels sont vos besoins dans les années à venir ? Comptez-vous diminuer vos importations de fruits et légumes bios ?

L.  W. : Nous voulons plus de qualité, plus de produits gustatifs. Nous privilégions le goût et les valeurs nutritionnelles. Nous voulons des bons produits au bon moment. Les consommateurs sont prêts à payer plus cher le bio, mais faut-il encore qu’ils soient meilleurs. Nous sommes en adéquation avec les besoins du marché. Quant aux importations, nous ne comptons pas les diminuer. Au contraire, les produits espagnols que nous importons nous servent aussi à fournir le marché espagnol. Nous avons une approche globale et européenne de l’agriculture bio. Nous privilégions la France, mais nous travaillons aussi avec d’autres filières, au Maroc, en Italie, en Espagne, au Togo, en République dominicaine pour la banane. Toutes nos filières sont en développement. Nous voulons pousser les fruits secs maintenant.

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