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Méthanisation : le procédé inédit d’Aptunion

Le transformateur de fruits inaugurera sa station de méthanisation et de filtration le 18 septembre 2020, aboutissement d’un projet qui aura coûté 4 millions d’euros à la société, lui permettant de lever de nombreux freins. Le retour d’investissement se fera sur cinq ans.

Le méthaniseur d'Aptunion a une capacité de 9 GW par an, soit la consommation de gaz de 4000 habitants. © DR
Le méthaniseur d'Aptunion a une capacité de 9 GW par an, soit la consommation de gaz de 4000 habitants.
© DR

L’industriel spécialisé dans la transformation de fruits Aptunion a investi dans un projet de méthanisation afin de traiter les eaux usées de ses trois usines et soulager sa station d’épuration saturée depuis plusieurs années. La particularité de ce procédé : le biogaz issu de la méthanisation est ensuite filtré et nettoyé afin de n’être composé que de méthane. « Cette étape est inédite en France, rendant le procédé précurseur au niveau national », se réjouit Olivier Charles, président-directeur général d’Aptunion. La société spécialisée dans les ingrédients fruitiers a investi 4 millions d’euros dans l’installation de ce projet qui sera inauguré le 18 septembre 2020, comprenant une part d’autofinancement, une part de prêt bancaire et une part d’aides de la Région Sud, de l’Ademe et de l’Agence de l’eau.

Cette étape est inédite en France

« Après avoir nettoyé les sols et les machines à la fin de la journée, les eaux évacuées sont riches en pulpe de fruits et donc en sucre », raconte Olivier Charles. Ces eaux, qui représentent un volume de 250 000 m3 à l’année, se dirigeaient vers la station d’épuration du groupe installée en 2003, laquelle est « capable de traiter les eaux d’une ville de 70 000 habitants », précise-t-il. La saturation de celle-ci limitait la croissance d’Aptunion en plus d’entraîner des coûts de fonctionnement considérables compris entre 1,3 et 1,4 million d’euros par an. « Nous avions deux solutions : soit construire de nouveaux bassins de traitement, ce qui n’aurait pas résolu le problème des coûts de fonctionnement, soit l’installation d’un traitement primaire des effluents dans un méthaniseur », explique Olivier Charles. Le nouveau-né d’Aptunion sera capable de transformer 80 % du sucre contenu dans les eaux usées en biogaz, soulageant considérablement la station d’épuration.

La société a signé un contrat avec Engie pour injecter son biogaz dans le réseau en lui vendant « quatre fois le prix auquel on achète ce même gaz pour notre propre consommation. Cette opération est une réussite sur le plan économique, car cette opération nous permettra d’avoir un retour sur investissement sur cinq ans et sur le plan écologique, car nous valorisons un déchet pour en produire un gaz local plutôt que le faire venir de Sibérie », souligne Olivier Charles.

Une double filtration du soufre et du CO2

En sortie de méthaniseur, le biogaz contient majoritairement du méthane, « mais aussi de nombreuses molécules indésirables », commente Olivier Charles. Aptunion a travaillé sur un moyen de purifier le gaz pour le réinjecter dans le réseau. Celui-ci passe par une filtration biologique, processus au cours duquel des bactéries aérobies consomment le soufre pour en faire un précipité. Le biogaz est ensuite filtré physiquement : sous pression, celui-ci passe par des « pailles qui comportent des microtrous ». Les molécules de méthane sont trop volumineuses pour passer par ces orifices, au contraire du dioxyde de carbone qui se retrouve expulsé du conduit. Après trois ans et demi de développement, l’installation du méthaniseur et de la station de filtration va « lever le frein à la croissance » de l’industriel, assure Olivier Charles.

Une inspiration italienne

Pour développer son projet d’installation d’un méthaniseur, les dirigeants d’Aptunion se sont renseignés et sont allés en Italie pour voir ce qu’il s’y faisait. « Pendant qu’en France, les pouvoirs publics incitaient tout le monde à se mettre au voltaïque, le gouvernement italien a poussé pour le développement de la méthanisation. Nous avons rencontré des gens qui utilisent un méthaniseur depuis vingt ans, nous convainquant des effets bénéfiques de ce procédé sur le long terme », explique Olivier Charles, président-directeur général d’Aptunion. En revanche, les Transalpins brûlent le gaz obtenu après méthanisation pour le transformer en électricité.

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