Aller au contenu principal

La Cooperl donne un coup au financement du Marché du Porc Breton

La FRSEA Bretagne et la FRSEA Pays de la Loire accusent la Cooperl de mettre à mal l’ensemble des outils collectifs utilisés par la filière porcine en ne versant plus ses cotisations au Marché du porc breton.  

Camion de la Cooperl
La Cooperl ne verse plus ses cotisations au Marché du porc breton. La FRSEA Bretagne et la FRSEA Pays de la Loire l'accusent d'affaiblir le marché et les outils collectifs porcins.
© Claudine Gérard

« Alors que la Cooperl, l’un des plus gros acteurs de la production porcine, a décidé fin février de ne plus verser ses cotisations au Marché du Porc Breton (MPB), c’est un nouveau coup qui est porté au fonctionnement des outils collectifs de la filière », ont indiqué conjointement la FRSEA Bretagne et la FRSEA Pays de la Loire dans un communiqué de presse paru le 18 mars. « Ne plus contribuer au financement des outils collectifs conduit à un manque d’équité envers les éleveurs et à des prix maison », déplore Thomas Guegan, président de la FRSEA Bretagne.   

La Cooperl n’utilise pas le prix du Marché du porc breton  

« Depuis plusieurs mois, Cooperl a fait le choix de quitter le MPB. Nous avons aussi décidé de ne plus nous servir du prix de base MPB comme indicateur mais de le substituer par l'indicateur RNM géré par FranceAgriMer. La conséquence logique d'une telle décision est de ne plus payer les cotisations au MPB, outil qui n'est plus utilisé par notre coopérative », a indiqué Mathieu Pecqueur, délégué aux relations extérieures de la coopérative bretonne, à la rédaction Les Marchés.  

«  Nous avons aussi décidé de ne plus nous servir du prix de base MPB comme indicateur »

Pour rappel, la Cooperl a quitté le MPB après « le constat de plusieurs irrégularités auxquelles elle ne voulait pas participer ». Même si elle était minoritaire sur le marché avec 0,6% des volumes en 2022, elle joue un rôle important sur l’ensemble du territoire français. Rien que dans le Grand Ouest, la Cooperl comptait 2 200 adhérents et plus de 5,4 millions de porcs, toujours en 2022 selon Agreste.  

La FRSEA Bretagne et la FRSEA Pays de la Loire contestent l’argument de la Cooperl   

« Il est donc tout à fait justifié que chacun participe au bon fonctionnement d’un outil qui est utilisé par tous »

Pour les deux syndicats du grand Ouest, l’argument de la Cooperl n’est pas valable, il avait été décidé que les cotisations du MPB seraient prélevées sur tous les porcs situés dans la zone Uniporc Ouest. « Il s’agit d’un véritable retour en arrière. Dans les années 1970-1980, le MPB n’était financé que par les éleveurs qui y participaient », renchérit Thomas Guegan « La cotisation du MPB est utilisée par toute la filière, y compris par ceux qui ne passent pas directement par le MPB. Il est donc tout à fait justifié que chacun participe au bon fonctionnement d’un outil qui est utilisé par tous », ajoutent la FRSEA Bretagne et la FRSEA Pays de la Loire. 

Lire aussi : Les 7 chiffres clés de la filière porcine bretonne

Mais dans le fond, le retrait de la coopérative bretonne ne semble pas être une surprise. « La Cooperl n’est plus dans rien de collectif », constate Thomas Guegan. A noter que la Cooperl, premier abatteur de porcs de la zone Uniporc Ouest, est de facto le premier financeur du MPB puisque les cotisations sont calculées au prorata des abattages. Selon nos informations, cette défection de la Cooperl représente un trou de 30 % ans le budget du MPB. Comme c'est uniquement un budget de fonctionnement, les autres éleveurs devront payer plus pour compenser.

« La Cooperl n’est plus dans rien de collectif »

La crainte d’un affaiblissement de tous les outils collectifs de la filière porcine   

Ce que craignent les deux syndicats c’est qu’« un tel désengagement entraîne collectivement sur une pente glissante : c’est un affaiblissement du MPB aujourd’hui, mais demain d’autres outils collectifs, tel qu’Uniporc, ce qui serait dommageable à toute la filière : manque de transparence, de traçabilité, de références communes », conclut le communiqué.   

Les plus lus

Mamie au supermarché
7 marqueurs de l’alimentation des seniors d’aujourd’hui

Les habitudes alimentaires des Français de plus de 65 ans ou plus ont évolué avec le changement générationnel. Ces dernières…

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

camion bétailler au port
Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux…

Œufs : la forte mortalité en poules pondeuses inquiète les opérateurs

L’évolution des prix des œufs français, au 25 juin 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

carte de la chine avec des produits laitiers
Produits laitiers : « le secteur chinois veut aller vers des produits à plus forte valeur ajoutée, en concurrence avec les importations »

Le déséquilibre sur le marché du lait en Chine se traduit sur les entreprises agricoles du pays, mais aussi sur les échanges.…

poules dehors en élevage
Canicule : 500 à 700 000 poules pondeuses perdues, des conséquences à moyen terme en œufs 

Les premières estimations du CNPO sont à une perte de 1 à 1,5 % du cheptel. Tous les modes d’élevage ont été touchés. Les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio