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Aviculture
L’œuf de code 2, premier prix de demain ?

Si tout laisse à penser que les poules élevées en cage ne seront plus majoritaires en France, les autres modes de production ont tous une carte à jouer, surtout l’élevage au sol.

Poules pondeuses élevées au sol, avec un jardin d'hiver.
© Big Dutchman

La filière œuf française a moins de sept ans pour mener à bien une nouvelle révolution : faire la part belle aux modes d’élevage alternatifs (sol, plein air ou bio) pour répondre aux attentes sociétales tout en conservant sa compétitivité. Déjà effectif dans certaines entreprises de l’aval, l’arrêt de la commercialisation d’œufs de cage (code 3) est annoncé entre 2020 et 2025 dans beaucoup d’autres. Difficile néanmoins pour les éleveurs de poules en cage de se projeter. Une question s’impose : quelle sera la segmentation du marché à l’horizon 2025 ?

Rien n’est décidé

L’Institut technique de l’aviculture (Itavi) mène actuellement des entretiens avec l’aval de la filière pour tenter d’y répondre. Si les résultats ne sont annoncés que début novembre, les premiers éléments laisseraient à penser que « la part de la cage sera réduite à sa portion congrue », confie Pascale Magdelaine, directrice du service économie de l’Itavi. Pour les œufs de poules élevées hors cage, il existe en revanche une multitude de profils. Une partie des distributeurs, des restaurateurs et des industriels utilisateurs d’œufs et d’ovoproduits envisage les œufs de poules au sol (code 2) comme les prochains premiers prix des catalogues. Quelques enseignes souhaitent néanmoins que leur MDD estampillée code 2 soit « prémium » avec des poules profitant d’un jardin d’hiver. D’autres estiment que ce sont les œufs plein air (code 1) et bios (code 0) qui domineront. S’ajoutent les groupes ayant annoncé un arrêt de la cage à l’échelle mondiale malgré l’hétérogénéité des bassins de consommation qui laisse entrevoir des capacités de revalorisation plus ou moins délicates et pourraient déterminer le type d’œuf privilégié. À noter également, une certaine méconnaissance du code 2 rend frileux de nombreux opérateurs de l’aval.

Pour l’Itavi, cette incertitude amène un élément positif : « apparemment, le développement se fait en étroite collaboration avec les fournisseurs. Un grand metteur en marché ne basculera pas sans un minimum de volumes engagés », souligne l’Itavi. Les opérateurs n’ayant pas « la culture de la contractualisation » risquent bien d’être les derniers servis, alerte Pascale Magdelaine.

Code 2 : retard à l’allumage

Côté production, le plein air et le bio affichent depuis plusieurs années de forts taux de croissance et les projets de construction ou de conversion des bâtiments confirment cette tendance. Le sol reste très peu développé en France, mais pourrait désormais rapidement se déployer. Les conversions du code 3 au code 2 s’accélèrent, l’endettement des éleveurs s’atténuant au fil des ans permettant à de nouveaux opérateurs d’investir. En outre, une conversion de la cage vers le sol limite la perte en capacité de production et peut être le moyen de réaliser une transformation à moindre coût. À cela s’ajoute la nécessité pour la France de ne pas laisser la place aux importations, notamment en provenance d’Allemagne ou des Pays-Bas où le sol est déjà le standard de production et où la compétitivité est éprouvée.

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