Aller au contenu principal

Les Labels rouge de bœuf limousin dans une mauvaise passe

La perte de volumes en labels Bœuf limousin junior et encore davantage en veau sous la mère inquiète l’association Limousin Promotion.

La nouvelle bannière des viandes limousines veut représenter l'union des éleveurs pour la qualité des viandes de boucherie
© Limousin Promotion

Limousin Promotion déplore des baisses de consommation des viandes limousines sous signes officiels de qualité. L’ODG (Organisme de défense et de gestion) des viandes limousines a ainsi présenté des tonnages commercialisés en 2023 en nette régression pour les viandes bovines.

Lire aussi : Label Aubrac et Salers : « Si on n’arrive pas à approvisionner les magasins, ils vont se tourner vers d’autres races et ils ne reviendront pas »

  • Bœuf limousin Label rouge : 6 340 tonnes. Le tonnage a perdu 14,53% en 2023.
  • Limousin junior Label rouge (18 mois maxi pour les mâles, 28 mois pour les femelles) : 2 008 tonnes, en recul de 8,6%.
  • Veau du Limousin sous la mère Label rouge et IGP : 1 396 t, en recul de 15,6%.
  • Veau sous la mère et Veau rosé : 611 t en recul de 29,4 t.

Les viandes limousines pénalisées par les arbitrages du consommateur

Les viandes limousines étaient déjà en perte de vitesse en 2022. L’explication principale de Limousin Promotion, s’agissant du bœuf, est le choix des consommateurs d’acheter moins et moins cher. L’association s’inquiète aussi des difficultés économiques de boucheries traditionnelles clientes, des coûts d’élevage, des coûts d’abattage et d’une tendance des éleveurs à produire moins. 

Les circuits de commercialisation des viandes limousines sous Label rouge et IGP Limousin sont essentiellement des boucheries artisanales et rayons traditionnels de GMS (dont un tiers emballé par le distributeur) : respectivement 58% et 38% de 1 773 points de vente. Les carcasses se répartissent dans la même proportion. L’industrie du steak haché Label rouge prend sa part (6 à 7 %) des avants des carcasses. Même si le marché de la restauration hors domicile est difficile, Jean-Pierre Bonnet, président de Limousin Promotion, estime qu’il ne faut pas le négliger. 

L'élevage et l'abattage à la peine

Les organisations de producteurs, commerciales ou non, tendent à présenter moins de bêtes. « Il y a une diminution de la production par élevage. Les élevages se regroupent avec une diminution du nombre d’animaux donc de production ; c’est une réalité en France », témoigne le président. Les risques d’abandons sont considérés, surtout en productions de veau et d’agneau. Jean-Marc Escure, directeur de Limousin promotion, s’inquiète pour l’avenir des stratégies de marque. 

La surcapacité régionale en outils d’abattage de bovins, estimée à 20-25% selon Jean-Marc Lescure, pèse sur les labels limousins. 

Pour 2024, Limousin Promotion espère au moins une stabilisation des ventes en Bœuf et Limousin Junior. L’organisme est plus pessimiste pour les viandes de veau et d’agneau, du fait d’une demande déclinante et de prix peu encourageants en élevage. Il espère une évolution entre 0 et – 5% pour ces viandes minoritaires. 

Sous une même bannière au Salon international de l’Agriculture 2024

Les différentes espèces de viandes limousines, bovines, ovines et porcines labellisées, toutes marques confondues, vont désormais s’afficher sous une même bannière « Eleveurs passionnés… Viandes d’exception ». Cette marque collective ombrelle s’associe à une autre marque collective, celle des vins des Côtes de Bourg. Cette association sera donnée à déguster dans le Limousine Truck du Sia 2024.

Limousin Promotion part cette année à la conquête d’un public plus jeune de « néo consommateurs hédonistes qui aiment la viande » et prêt à dépenser un peu pour se faire plaisir. De nouvelles formes de consommation, en barbecue ou tataki, seront proposées.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde pour protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

Œufs : le bond des importations européennes vient d’Ukraine, mais aussi de Turquie

L’évolution des prix des œufs français, au 19 décembre 2025, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

María Marta Rebizo
Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Les Marchés a recueilli les réactions à chaud des porte-voix des agriculteurs du Brésil et de l’Argentine à l’annonce du…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

14,7 millions de tonnes de poulet sur le marché mondial en 2026, l'USDA prévoit un nouveau record

Le marché mondial de la volaille devrait poursuivre sa croissance en 2026. La production de poulet atteindrait des niveaux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio