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2023
Produits laitiers : les 6 facteurs qui peuvent faire basculer le marché mondial

Contexte macro-économique, rebond de la collecte de lait en Europe, tenue de la demande chinoise, voilà autant de facteurs qui peuvent faire pencher le marché des produits laitiers dans un sens ou dans un autre en 2023, selon l’USDEC.

© NASA

Les exportateurs américains de produits laitiers (USDEC) se réunissent en début d’année pour identifier les signaux qui donneront le ton sur le marché mondial et qu’il fait surveiller. Ils en ont déterminé 6 à garder à l’œil en 2023.

  1. L’inflation

Après une inflation aux alentours de 8 % en 2022, les États-Unis ne devraient subir qu’une inflation de 2,9 % cette année selon les prévisions des économistes. Même ralentissement attendu sur l’inflation mondiale, à 4,8 % contre 7,4 % en 2022. Cette inflation conditionnant le pouvoir d’achat des ménages et donc la demande est le premier facteur qui peut faire pencher le marché des produits laitiers d’un côté ou de l’autre. A noter que l’inflation devrait marquer le pas en premier lieu dans les pays de l’Asie du Sud-Est. Pour autant, l’économie mondiale n’est pas attendue florissante en 2023.

 

  1. La demande chinoise

Les importations chinoises de produits laitiers ont marqué le pas en 2022, elles ont chuté de 17 % en cumul sur les onze premiers mois de l’année en équivalent lait, après avoir atteint un record en 2021. La hausse de la production chinoise, des stocks importants, les difficultés logistiques liées à la gestion de la pandémie et la baisse de la demande pendant les confinements expliquent ce ralentissement des achats chinois. Certes, la Chine a enterré sa politique zéro-Covid, mais les exportateurs américains ne s’attendent pas à un retour de la demande, d’autant plus que les contaminations battent des records pour l’heure. Signal positif, les stocks de poudres de lait se sont vidés, mais restent difficiles à estimer faute de données officielles fiables.

 

  1. Les alternatives aux produits laitiers

Les cours de l’huile de palme se sont effondrés ces derniers mois, loin de leurs records historiques du printemps. De quoi rendre de nouveau compétitive les poudres de lait réengraissées dans lesquelles elle remplace la matière grasse laitière. Ce qui pourrait profiter à la poudre de lait écrémé aux dépens de la poudre grasse. L’huile de palme entre aussi dans la composition des fromages végétaux, qui pourraient davantage concurrencer les fromages au lait de vache sur certains marchés, notamment l’Amérique du Sud et le Moyen-Orient.

 

  1. La collecte européenne

La collecte laitière européenne a rebondi en 2022, ce qui a contribué à tasser les prix des produits industriels. Dans le même temps, la consommation souffre de l’inflation, ce qui conduit à un disponible exportable plus important et pourrait relancer la concurrence sur le marché mondial, notamment avec les Américains. Pour autant ces derniers se montrent sereins, estimant que les contraintes environnementales, notamment en Irlande et aux Pays-Bas, limitent nettement le potentiel de croissance de la collecte européenne.

 

  1. Les coûts de production

La flambée des coûts de production, notamment de l’aliment, a pesé sur les éleveurs dans tous les pays. En 2023, la production de maïs et de soja devrait progresser aux États-Unis, de quoi voir les cours se tasser, même s’ils peuvent rester supérieurs à leurs niveaux d’avant la guerre en Ukraine. Or la réduction des marges de producteurs de lait rime souvent avec baisse de la production.

 

  1. Les stocks mondiaux

Alors que le transport maritime international était très perturbé depuis 2021, les importateurs tendaient à stocker davantage pour faire face à d’éventuels contretemps. Dorénavant, la situation s’est améliorée. Les importateurs vont utiliser les stocks, et ne pas le reconstituer autant, car certains misent sur des baisses de prix, et tous sont confrontés aux incertitudes sur la tenue de la consommation.

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