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Les 5 tendances pour la production européenne de lait

Une collecte qui s’éloigne de son record de 2020, plus de fromages et moins de beurre, voici les grandes tendances de la filière laitière en 2022 vues par l’USDA.

© GEA
  1. La baisse du potentiel de production de lait de vache

Entre 2016 et 2022, l’Union européenne a perdu 1,4 million de vaches laitières. Les gains de productivité ne permettent pas de compenser ce recul et la production diminue depuis son record de 2020. En 2022, les analystes américains de l’USDA estiment qu’elle atteindra 144,6 millions de tonnes, 434 000 t de moins qu’en 2021. Elle devrait de nouveau reculer en 2023. La désintensification de la production laitière (bio, lait de pâturage…) conduit aussi à des baisses de production. Néanmoins le bénéfice économique lié à ces nouvelles pratiques pour les éleveurs pourrait fondre si la demande recule trop fortement avec l’inflation.

  1. Une bonne dynamique pour les laits autre que ceux de vache

Chèvre et bufflonnes ont le vent en poupe, dans les pays de la Méditerranée. Les fromages avec ces laits différents plaisent au consommateur, que ce soit sous appellation ou non. En revanche, la situation est plus difficile pour le cheptel de brebis, qui recule.

  1. Le fromage en plein essor

Les fabrications de fromages sont très dynamiques en Europe, de nouveaux outils industriels ont été inaugurés ces dernières années, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique et en France, notamment pour la production de mozzarella. Ce fromage est très demandé par l’industrie agroalimentaire et la restauration hors foyer.

Les fromages sous appellation ont en revanche souffert de la pandémie, entre fermeture des restaurants et chute de la fréquentation touristique, débouché important en Grèce, Italie, Espagne, Portugal mais aussi en France.

  1. Le couple beurre/poudre en recul

Alors que la collecte laitière recule, comme les fabrications de fromages sont dynamiques, celles du couple beurre/poudre reculent mécaniquement. Pour l’USDA, il est bien possible que le record de production de beurre de l’UE à 27 ait été atteint en 2020 et ne soit plus rencontré de nouveau à moyen terme. De quoi envisager une poursuite de la baisse de la consommation intérieure et de nos exportations (-16 % en 2022). Seuls les envois vers les États-Unis pourraient progresser, aux dépens de ceux vers le Royaume-Uni et le Moyen-Orient.

  1. Des politiques peu favorables

La nouvelle PAC qui promeut davantage la durabilité pourrait limiter la production européenne. Ce d’autant plus que la pyramide des âges indique une vague de départs en retraite. D’autres agriculteurs pourraient jeter l’éponge sur l’atelier lait et se consacrer à des productions végétales, actuellement rémunératrices, ou à des ateliers d’engraissement. En Belgique et au Pays-Bas, l’application des directives nitrates empêche la construction de nouveaux bâtiments d’élevage dans les nombreuses zones Natura 2000.

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