Aller au contenu principal

Massif central
Le lait de montagne doit monter en gamme

Dans le Massif central, la redistribution des quotas laitiers n’a pas généré de revenu. Les trois quarts du lait de consommation, notamment, ne sont pas valorisés. La filière doit arriver à vendre l’image montagne aux consommateurs.

Le 31 mars 2015 annonçait la fin des quotas laitiers et le début de l’inquiétude concernant la production laitière en zone de montagne. Allait-elle résister ou céder au profit des zones de plaine ? Pour y voir plus clair, l’Institut de l’élevage a réalisé une étude en 2017-2018 à la demande de FranceAgriMer : diagnostic, prospectives et recommandations ont été présentés mercredi 3 octobre dans le cadre du Sommet de l’élevage.

Juste avant la suppression des quotas, la filière laitière de montagne pesait 22 % des exploitations et 15 % des volumes, soit 3,8 milliards de litres de lait. Elle était fragilisée par des handicaps liés à l’altitude, mais elle compensait avec de nombreux points forts : tradition fromagère, forte proportion de produits sous signes officiels de qualité, engouement pour le bio, création d’emplois…

Après la suppression, dans les massifs de l’Est (Jura et Savoie), la redistribution de références laitières supplémentaires a été payante : la filière a su grâce à la montée en puissance de ses AOP et de ses IGP concilier volume, prix du lait et donc revenus des éleveurs. L’enjeu est désormais de pérenniser ces acquis en relevant les défis du renouvellement des chefs d’exploitation, des surcoûts de collecte et de coût de production, etc.

Les trois quarts du lait conventionnel ne génèrent aucune plus-value

Dans le Massif central, le bilan est plus mitigé. Confronté à ces mêmes difficultés, il faut ajouter la faible valorisation du lait. « Le différentiel sur les AOP est en train de se creuser mais les trois quarts du lait conventionnel ne génèrent aucune plus-value. Il y a un travail à engager sur la dénomination montagne pour faire monter en gamme ce lait standard », a reconnu Michel Lacoste, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).

Parmi les pistes sérieuses à envisager selon les auteurs de l’étude : « l’image que représentent la montagne et ses produits aux yeux du consommateur. Il faut la transformer en plus-value pour la filière ». C’est aussi l’avis de Marc Delage, chargé des produits Carrefour laitiers : « le lait de montagne véhicule une image positive de naturalité, il est très vite assimilé à un produit bio. Il faut surfer sur cette tendance orientée vers le produit sain et ce besoin de réassurance ». Selon lui, la filière va devoir trouver les arguments qui font mouche et qui parlent aux consommateurs comme le sans OGM, le local, l’herbe, le bien-être animal, le contrat tripartite…

Définition d’un standard lait de montagne

Concrètement, une démarche collective pourrait s’articuler autour de la mise en place d’un cahier des charges définissant le standard lait de montagne (voir illustration) après avoir listé des éléments de différenciation tels que la part d’herbe, l’altitude, le bilan carbone, la biodiversité… Ce socle de base serait commun à l’ensemble des produits laitiers de montagne, mais permettrait en premier lieu de rechercher une plus-value sur le lait de consommation. « Il faut aller au-delà de la dénomination montagne et fédérer la filière autour d’un projet de segmentation. Il y a urgence à se rassembler pour agir, car au-delà de l’enjeu agricole, c’est l’avenir du tissu rural et sa dynamique économique qui sont en jeu », estime Michel Lacoste.

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

camion bétailler au port
Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux…

viande en usine
Viande bovine : les marges brutes de l’abattage découpe ont fondu en 2025

Les données de l’Observatoire des prix et des marges indiquent un niveau de marge brute historiquement bas pour l’abattage-…

vaches dans un pré
Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore

Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir…

moutons sur une passerelle de navire
14 millions d’ovins exportés dans le monde : d’où viennent-ils, où arrivent-ils ?

Les exportations d’ovins vivants sont toutes dirigées vers des pays de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen Orient. Le…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio