Aller au contenu principal

Le bio, « il ne faut pas avoir peur d’y aller ! »

Dans les Hauts-de-France, des territoires expérimentent l’introduction des produits bio et/ou locaux dans la restauration collective. Émergent ainsi de nouvelles dynamiques. Témoignages.

« Lorsqu’un territoire s’en donne les moyens, on peut y arriver » : Jean-Luc Hallé, maire de Hamel (59), une commune de 900 habitants, est convaincu que l’on peut faire bouger les lignes en matière d’approvisionnement en restauration collective. Il travaille depuis de nombreuses années à l’introduction de produits bio et/ou locaux dans les établissements de son territoire. Second vice-président de la communauté d’agglomération du Douaisis, il intervenait dans le cadre de la journée de la restauration collective bio en Hauts-de-France, le 9 novembre. Pour Jean-Luc Hallé, qui en est à son 7e mandat de maire, « tout est question de volonté politique. Le surcoût n’est pas énorme, et peut être pris en charge par la commune. Sur un repas d’un coût global de 7 à 8 euros, le coût matière est passé de 2,55 à 2,58 euros de 2014 à 2016. On discute souvent sur des broutilles », reconnaît-il.

En revanche, un tel changement ne s’improvise pas. Dans le Douaisis, il y a eu des préalables : un état des lieux « du gisement », puis une concertation avec les opérateurs qui travaillent en gestion concédée sur des contrats de trois ans. « Et tous les ans, on vérifie l’introduction de produits locaux dans les repas par les opérateurs, factures à l’appui », précise Jean-Luc Hallé.

Repenser les approvisionnements pour retrouver une dynamique de territoire : tel est le principal enjeu. « Faut pas avoir peur d’y aller ! » rajoute-t-il. Mettant en avant la nécessaire concertation territoriale : « les acteurs concernés sont nombreux et les sources de conflits multiples ». « Il faut donc en permanence établir dialogues et concertations, ce qui prend énormément de temps, mais c’est indispensable… avant que l’on ne définisse un plan d’actions auquel chacun se doit de participer », s’accorde-t-il à dire. C’est ainsi qu’une partie des conflits ont été déjoués. « Et ça marche », assure l’élu, qui est passé désormais à une étape supérieure : la définition d’un programme alimentaire territorial favorisant l’agriculture locale et une alimentation de qualité accessible à tous.

Pour lui, la restauration scolaire est l’étape la plus facile pour imprimer le changement des comportements. C’est ce qu’a également illustré Xavier Verquin. « Gestion directe ou gestion concédée, le bio est toujours possible », explique le gestionnaire de la cuisine de Lys-lez-Lannoy (1 200 repas/jour) qui a introduit 30 % de bio à budget constant, mais en mettant en place une comptabilité analytique et un logiciel de gestion. Côté approvisionnements, il s’appuie sur les marchés d’offres à procédure adaptée qui lui permettent d’avoir une grande liberté d’achats puisqu’il reste en général en dessous des seuils fatidiques. Néanmoins, si la substitution a pu se réaliser facilement avec des denrées comme le pain, les produits laitiers ou les fruits et légumes, Xavier Verquin a rencontré plus de difficultés dans son approvisionnement en viandes bio. En cause : le différentiel de prix.

Viandes : gommer le différentiel de prix

Le prix de la viande bio semble pour l’heure être un handicap. Pour Yves Carpentier, directeur de la coopérative Cevinor qui transforme 200 bovins bio sur les 350 de l’année, ce différentiel existera toujours. La coopérative continuera pourtant à se positionner sur ce marché de la restauration collective et investira dans des produits encore plus transformés. Mais pour gommer ce différentiel, pourquoi ne pas offrir des portions de 80 g au lieu des 100 g imposées ? Réduire le gaspillage et donner aux jeunes consommateurs l’envie de consommer autre chose que du steak haché, leur offrir un produit mieux travaillé et mieux élaboré dans une portion plus restreinte. C’est en tout cas l’idée proposée par le directeur de Cevinor.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio