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« Le bio est trop cher pour 87 % des consommateurs »

À l'occasion de la présentation d'une étude réalisée par l'Ifop, l'enseigne So.bio met en lumière les freins persistants à la consommation de produits biologiques. Si le bio reste largement ancré dans les habitudes des Français, son coût reste le principal obstacle notamment pour l’acheteur « mixeur » et les jeunes consommateurs de 18 à 25 ans.

Rayon bio de l’enseigne Carrefour
Selon l’étude Ifop, les attentes des consommateurs bio tendent vers plus de naturalité, moins de transformation, plus de locale et plus d’accessibilité prix.
© Virginie Pinson

Près de trois Français sur quatre (74 %) déclarent avoir acheté au moins un produit bio au cours des douze derniers mois, selon l'étude de l'Ifop présentée par So.bio ce 11 juin. 

Le prix, une barrière à la consommation bio

 L’enquête identifie le prix comme le principal frein à la consommation de produits bio.  « Le bio est trop cher pour 87% des consommateurs » indique Florence Gomez, directrice générale de So. Bio.  Cette perception traverse toutes les catégories de population, y compris les acheteurs réguliers. Les arbitrages réalisés au moment de l'achat montrent d'ailleurs que la tolérance au surcoût reste limitée : 21 % des consommateurs renoncent systématiquement au bio lorsqu'il est plus cher, tandis que 39 % n'acceptent qu'un faible différentiel de prix. Seul un tiers des répondants de l’étude se dit prêt à consentir un effort financier plus important.

Lire aussi : Bio : ils ne voulaient pas « casser les prix », 12,67 millions d’euros de sanctions 

Les acheteurs « mixeurs », une typologie importante de consommateurs bio

L’étude discerne sept profils d’acheteurs de bio. Les acheteurs « mixeurs », représentant quatre Français sur dix, se caractérisent par une variation de leurs achats entre produits bio et conventionnels, selon les catégories, les enseignes fréquentées, le niveau de prix ou encore les enjeux de santé et d'origine des aliments. Loin d'un abandon du bio, ces comportements traduisent une consommation plus pragmatique. Les consommateurs arbitrent en fonction de leurs priorités et de leurs moyens. L’enquête suggère également que pour 37 % des Français le bio représente « un idéal difficile à suivre au quotidien ».

Pourquoi certains renoncent au bio ?

Le prix n'est cependant pas le seul facteur expliquant le renoncement au bio. Près de 69 % des consommateurs déclarent abandonner le bio lorsqu'ils ne perçoivent pas de différence concrète avec les produits conventionnels.

Le degré de transformation des produits est un autre un critère déterminant. Trois quarts des consommateurs renoncent à acheter un produit bio lorsqu'il leur paraît trop industriel ou trop transformé, un niveau presque équivalent à celui du prix (82 %).

Les 18-24 ans, des acheteurs freinés par leur pouvoir d'achat 

L'étude révèle que les 18-24 ans figurent parmi les consommateurs les plus sensibles aux enjeux du bio, notamment pour des raisons environnementales et de bien-être animal. Pourtant, ils sont aussi les plus contraints financièrement. Cette tension se traduit par un sentiment de culpabilité pour 61 % d’entre eux lorsqu'ils choisissent un produit conventionnel plutôt qu'un produit bio. Néanmoins lorsque l'écart de prix reste raisonnable, les jeunes se montrent davantage enclins à privilégier le bio. 

 «Notre rôle d’enseigne est de réduire la contrainte du prix, et donc la culpabilité ressentie par ces jeunes consommateurs. »

So.Bio s’engage pour plus d’accessibilité du bio

Face à ces constats, So.Bio compte agir pour réduire la contrainte budgétaire pesant sur les consommateurs, en particulier les plus jeunes. « Notre rôle d’enseigne est de réduire la contrainte du prix, et donc la culpabilité ressentie par ces jeunes consommateurs. » intervient Florence Gomez. 

Dans ce cadre, les enseignes So.Bio et Le Panier Bio mettront en place dès septembre, une réduction permanente de 10 % pour les 18-25 ans créditée sur leur carte de fidélité. So.Bio prévoit également de proposer des mini-prix sur 250 produits du quotidien. L’enseigne compte aussi prolonger son programme de blocage des prix, entamé depuis trois ans déjà, sur quatre produits essentiels du quotidien : les pommes, pommes de terre, bananes, et salades.  So.Bio réduit ses marges sur ces produits afin de préserver l'accessibilité.

Lire aussi : Pour Biocoop, « le marché bio n’est pas en crise et n’est pas un marché de niche » 

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