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International
L’Argentine trouble le marché mondial de la viande bovine

L’Argentine, qui a restreint ses exportations pour faire face à l’envolée des prix, a agité le marché mondial de la viande bovine, le Brésil compte bien en profiter.

Pour accroître les disponibilités sur son marché intérieur et limiter la hausse des prix, qui s’envolaient avec l’inflation, le gouvernement argentin limite depuis mai dernier les exportations de viande bovine. Comme l’Argentine est le cinquième exportateur mondial de viande bovine, et notamment le deuxième fournisseur de la Chine, une telle décision a fait des remous sur toute la planète viande. Les restrictions ont été fraîchement accueillies par les éleveurs et les exportateurs, arguant de la complémentarité de l’exportation par rapport à la consommation locale. La Rabobank estime que le gouvernement argentin devrait prolonger les restrictions jusqu’à la fin de l’année, même s’il semble prêt à des concessions, notamment en ce qui concerne les envois vers les deux principaux débouchés du pays, la Chine et Israël. Les analystes néerlandais jugent que les exportations pourraient se reprendre et, sur l’ensemble de l’année, n’accuser qu’un retard de 9,5 % par rapport à 2020. Reste que l’engraissement argentin pourrait être durablement marqué par cette année 2021, puisqu'en plus de perdre des débouchés export cruciaux, il a été confronté à une flambée des coûts de production, en lien avec la hausse mondiale des coûts de l’alimentation animale mais aussi la dévaluation du peso.

Le Brésil tourné vers la Chine

S’il est un concurrent qui a su profiter des volumes laissés vacants par l’Argentine, c’est bien le Brésil qui a vu ses envois vers la Chine atteindre 82 000 tonnes équivalent carcasse en juin, une hausse de 22 % sur un mois, puis 91 000 tonnes en juillet, son plus haut de l’année. Dans l’ensemble néanmoins, les envois brésiliens ont reculé faute de disponibilités. Les prix brésiliens ont continué de progresser cet été, et ont pu garder en partie leur compétitivité grâce au jeu des taux de change et la baisse du réal. Ainsi sur les sept premiers mois de l’année, les envois de viande bovine du Brésil auraient progressé de 9 % en valeur mais reculé de 3 % en volume, selon les données des douanes du pays. Seule ombre au tableau, les fortes incertitudes sur la situation économique dans le pays, durement frappé par la pandémie, qui laissent peu de visibilité quant à une possible reprise de la consommation intérieure. La fin des mesures de soutien aux ménages dans les prochaines semaines pourrait donner un coup de frein au marché brésilien.

Par ailleurs, l’Uruguay, qui joue dans une plus petite cour, a aussi su tirer parti du recul argentin, en développant ses envois tant vers la Chine (+46 % au premier semestre, à 146 000 téc) que vers Israël (+84 % à 8200 téc).

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