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« L’anthropomorphisme actuel n’est pas sain »

Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne.
© DR

Les Marchés Hebdo : Comment avez-vous vécu la présence de L214 au débat de Terre 2017 organisé à Rennes le 11 septembre dernier ?

Thierry Coué : Les éleveurs sont déstabilisés par les paroles de non-sens de ces abolitionnistes qui remettent en cause leur métier. Ils utilisent des arguments qui n’en sont pas. Les actions de L214 renforcent le burn-out des agriculteurs qui se sentent attaquer. Ces vidéos sont des intrusions dans leur métier. Il est évident que si l’on est filmé durant deux ou trois mois, il y aura forcément une faute. Cela déstabilise totalement une filière qui fait des efforts et qui essaye de montrer ses bonnes pratiques au grand public. Et le welfarm ce n’est pas du bien-être. Au lieu de parler de bien-être, il faudrait parler de bien-traitance. Cela devrait se traduire comme cela.

LMH : Pourquoi avez-vous demandé à la salle de se lever avant le début des débats ?

Th. C. : J’ai demandé à la salle de se lever en amont pour montrer que la Bretagne était une terre humaniste. L214 essaye de diviser sur des principes qui ne font pas société. Je vous parle du traumatisme qu’a connu la filière de voir leurs vidéos. Je conteste leur statut de lanceur d’alerte. Ce sont tout sauf des lanceurs d’alerte. Quand on constate une erreur dans un élevage, on devrait alerter les pouvoirs publics plutôt que diffuser la vidéo sur Youtube. Ce statut n’est pas adapté. L214 ne se positionne pas dans le dialogue. Ce sont des abolitionnistes. Le philosophe Francis Wolff est intervenu et a apporté un peu de hauteur. Le grand combat est l’antispécisme. Mais les animaux ne sont pas les égaux des hommes qui les ont domestiqués. Évidemment, il faut pallier les cas de maltraitance. De toute façon, un animal maltraité c’est souvent un homme qui ne va pas bien et que l’on devrait soigner. On retrouve souvent cette situation-là dans les cas de maltraitance.

LMH : Cette association a des oreilles attentives dans la société. La filière doit-elle communiquer autrement sur ses bonnes pratiques d’élevage ? Doit-elle encore faire des efforts ?

Th. C. : Bien sûr. Des efforts ont déjà été faits, et nous avons communiqué dessus. La filière travaille avec des associations comme le CIWF ou l’OABA. Mais on ne peut pas travailler avec quelqu’un qui veut notre mort. Ils ne veulent pas d’élevage. Ils trouvent une écoute auprès de jeunes citadins qui n’ont aucune expérience de ce qu’est l’élevage. Dans une société où l’on ne veut pas voir la mort en face, où on la retarde au maximum, évidemment montrer des abattoirs cela ne correspond pas. L’anthropomorphisme actuel n’est pas sain.

Propos recueillis par Anne-Sophie Le Bras

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