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Lait : l’Europe et les États-Unis produisent plus, mais pour quelle demande ?

Touchés l’an dernier respectivement par la grippe aviaire et la FCO, les États-Unis et l’Union européenne voient leur collecte de lait rebondir cet automne. Mais la demande mondiale n’est pas suffisante ce qui explique la pression sur les prix des produits laitiers.

un point d'interrogation fait de lait renversé sur fond noir
Certes l'offre mondiale de produits laitiers augmentent, mais les perspectives à moyen terme restent incertaines notamment pour des raisons sanitaires
© Généré par IA

+6 %, c’est la hausse de la collecte de lait au Royaume-Uni sur les 10 premiers mois de 2025. Dans l’Union européenne, les volumes de lait de vache collectés en septembre dépassent aussi de 6 % leur niveau du même mois de 2024, selon Eurostat, ce qui en fait le meilleur mois de septembre depuis plus de 5 ans. En semaine 42, la collecte française bondissait de 5,1 % sur un an, la collecte allemande de 6,5 % et aux Pays-Bas elle progressait de 6,9 %. 

Lire aussi : Produits laitiers : pourquoi la Chine prolonge son enquête anti-subvention contre l’UE

Un rebond de la collecte laitière post épidémie de FCO

La croissance laitière a été amorcée depuis plus d’un an au Royaume-Uni, en Irlande et en Pologne notamment, sous l’effet d’un contexte économique favorable : baisse des coûts alimentaires et hausse des prix payés. Mais ce surplus ne compensait pas, il y a un an, les manques observés en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark des suites de la FCO et dans une moindre mesure de la MHE. La FCO a réduit considérablement la production laitière des troupeaux touchés mais a aussi fortement perturbé la fertilité des vaches. C’est pourquoi l’impact a duré jusqu’au printemps, avec des vêlages qui ont été décalés de trois mois, de juillet à septembre plutôt que d’avril à juin. Ainsi la production laitière communautaire a en partie été décalée, avec davantage de lait au second semestre aux dépens du premier. 

Lire aussi : Pour valoriser un lait plus cher, faut-il miser sur les protéines de lactosérum ? 

Le décalage des vêlages dope la collecte

Selon les analystes de StoneX, la croissance laitière observée en UE au mois d’août (+2,9 % sur toute l’UE) est imputable pour un tiers à ce décalage des vêlages et pour deux tiers aux marges favorables. Les hausses observées ces dernières semaines en France, en Allemagne et aux Pays-Bas sont aussi liées à un recouvrement par rapport à une chute l’année dernière. 

Lire aussi : Quelle est la position des industriels laitiers sur les accords de l’UE avec le Mercosur, le Mexique et les États-Unis ? 

Vers un tassement de la collecte UE ? 

Sur les mois à venir, l’effet du décalage des vêlages post-FCO sur la collecte va s’amenuiser, ne restera que celui lié aux marges. Or, elles pourraient se tasser dans certains pays, rapidement, au vu de la chute des cours des commodités laitières. 

Aux États-Unis aussi, la collecte de lait est dynamique

Le cheptel laitier américain a gagné 200 000 vaches en 18 mois, selon StoneX. Un tel taux de croissance n’avait pas été vu depuis 25 ans. Au 1er septembre, le cheptel de vaches laitières aux États-Unis atteint 9,581 millions de têtes, un record en plus de trente ans La collecte laitière aurait progressé de 3,1 % outre-Atlantique en août, selon Eucolait, puis de 4 % en septembre selon le rapport de l'USDA paru ce jour de fin de paralysie budgétaire. Là encore, c’est le double effet des marges favorables et du rebond post crise sanitaire, cette fois la grippe aviaire qui avait infecté les troupeaux de vaches, qui est le moteur de la croissance.  

Trop de produits laitiers sur le marché mondial

À eux deux, Union européenne et États-Unis comptent pour 82 % de la collecte des 6 principaux bassins exportateurs de produits laitiers. Cette hausse de leur production se traduit donc rapidement sur le marché mondial qui ne semble pas, actuellement, en mesure d’absorber cette offre supplémentaire. Les stocks progressent

Lire aussi : Le marché européen du fromage sous pression 

La consommation intérieure est peu évolutive, même si la baisse des cours du beurre, une fois traduite au consommateur, pourrait réveiller un peu la consommation. Certes, l’export se réveille, maintenant que les prix ont considérablement baissé et paraissent enfin attractifs aux acheteurs. À noter que la Chine reste aux abonnés absents, et sa collecte a rebondit de 4,2 % en septembre, une tendance positive qui devrait continuer sur les prochains mois. Dans le même temps, la consommation de lait liquide y a chuté de 7,8 % rapporte Dairy Trade.

Lire aussi : Produits laitiers : le Cniel évoque des incertitudes sur les marchés d'export 

Des perspectives laitières peu lisibles

Pour les éleveurs, la baisse des marges, conjuguée à des prix des vaches très attractifs, s’est déjà traduit par un regain des réformes. Si l’on considère les menaces sanitaires que sont la DNC en Europe et la lucilie bouchère aux États-Unis, les perspectives restent assez peu lisibles. 

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