Aller au contenu principal

Exportation
Lait infantile : fin de l’eldorado chinois

Les importations chinoises de lait infantile marquent le pas, entre la baisse de la natalité et une offre locale qui a su regagner la confiance des consommateurs.

Les importations chinoises de lait infantile ont fortement augmenté ces dernières années, notamment depuis le scandale du lait à la mélanine. Mais en 2020, elles auraient reculé de 3 % selon les autorités du pays. C’est la première baisse depuis des années. En 2021, elles ont reculé chaque mois depuis février, or 70 % des volumes proviennent de l’UE dont au moins 10 % de France, rappelle Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste, lors d’un webinaire organisé par l’Idele.

En cause, tout d’abord, la baisse de natalité : en 2020, les naissances ont reculé de 22 % par rapport à 2019. La Chine comptait 12 millions de bébés contre 14,65 millions un an plus tôt et 17,23 en 2017. C’est le taux de natalité le plus faible de l’histoire moderne du pays, malgré la fin de la politique de l’enfant unique. Les difficultés logistiques liées à la pandémie auraient aussi ralenti les échanges, avec des importations perturbées en début 2020. L’USDA rapporte en parallèle que les consommateurs de la classe moyenne chinoise font davantage le choix du lait infantile local, plus disponible et mieux contrôlé qu’il y a quelques années. D’autant plus que l’écart de prix est fort avec les préparations infantiles importées, et que les marques locales ont justement mené une guerre des prix. Le secteur chinois s’est aussi restructuré et concentré et les barrières non tarifaires à l’importation restent importantes.

Le haut de gamme, relais de croissance

Tout laisse à penser que les achats chinois resteront en retrait dans les prochaines années. Même si le gouvernement souhaite rétablir la natalité du pays, il a notamment autorisé les couples à avoir un troisième enfant cette année, l’évolution de la démographie chinoise ne devrait pas s’inverser. Jean-Marc Chaumet précise “il y a plusieurs facteurs limitants : le nombre de femmes en âge de procréer diminue, le nombre de couples désirant un second enfant se réduit également et le coût de l’éducation devient une charge importante”.

Une exception, le marché du très haut de gamme, qui semble rester bien orienté et sur lequel plusieurs fabricants français sont positionnés. Des marchés de niche, comme les laits infantiles bios ou à base de lait de chèvre, semblent encore disposer de réserves de croissance dans l’Empire du Milieu. Les villes de troisième ou quatrième rang peuvent aussi être un relais de croissance pour les marques étrangères qui y sont pour l’heure peu présentes. Mais le potentiel de développement s’est désormais déplacé vers les propositions nutritionnelles pour seniors, riches en protéines.

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

sept personnes
Porc : les premiers abats blancs français arrivent en Chine

La France a obtenu après de longues négociations l’agrément pour exporter des abats blancs en Chine. Les premiers conteneurs…

viande emballée en usine
Viande bovine : qu’importe et qu’exporte l’Allemagne ?

L’Allemagne est très intégrée dans les échanges communautaires de viande bovine. Elle importe notamment 40 % de sa…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

photo rayon viande haché
Les prix des bovins baissent, que se passe-t-il sur le marché de la viande ?

La baisse des prix des gros bovins au printemps suscite l’ire de l’amont, alors que les abattoirs se plaignent d’une…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio