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Digital
L’Adria déploie les sessions à distance

L’Adria a accéléré le développement numérique de ses formations pour répondre à la demande de ses clients. Bien que les sessions de formation virtuelle comportent moins de participants et concernent moins les opérateurs de terrain, l’agroalimentaire s’y adapte.

Florian Jaouen, responsable des activité formation digitale et innovation pédagogique de l’Adria. © DR
Florian Jaouen, responsable des activité formation digitale et innovation pédagogique de l’Adria.
© DR

Avec le contexte actuel qui interdit les rassemblements, les organismes de formation ont arrêté les sessions en présentiel, mais se sont adaptés à la situation en proposant de basculer sur le numérique. « Nous avons proposé à nos clients de nouvelles stratégies qui étaient encore en discussion en interne chez nous. La crise a accéléré les choses », précise Florian Jaouen, responsable activité formation digitale et innovation pédagogique de l’Adria.

Le centre d’expertise agroalimentaire n’a pas relevé de baisse dans la demande de formation de la part de ses clients, et continue de développer des projets à court terme comme le « food fraude » et le « food safety culture ». « Nous continuons à signer des devis. Les clients sont beaucoup moins réfractaires au numérique. Nous n’avons plus à argumenter en proposant des formations à distance », souligne-t-il. Les entreprises du secteur agroalimentaire demandent de plus en plus de formations sur l’après-11 mai, notamment sur les thèmes : quelles bonnes pratiques et quelles bonnes attitudes à adopter dans les couloirs, bureaux, salles de réunion…

Nous continuons à signer des devis

L’Adria rencontre toutefois une problématique au niveau de la formation sur les pratiques d’hygiène, qui concerne majoritairement un public d’opérationnels. « Ce sont des personnes de terrain. Ils n’ont pas forcément accès aux outils du Web. Leur entreprise doit leur mettre à disposition des outils en salle, ce qui est difficile avec le contexte actuel. Ils seront peut-être malheureusement laissés pour compte », présume Florian Jaouen.

Ce type de formation constitue « une part importante » des revenus du centre d’expertise agroalimentaire. La stratégie actuelle de l’Adria est plus adaptée pour des agents de maîtrise et des cadres.

Modification des tarifications

« Grâce à des outils comme Skype, Webex, Zoom ou Teams, nous pouvons faire des classes virtuelles, mais nous préférons que ça ne dépasse pas six personnes, voire huit exceptionnellement, sur des sessions durant entre 1 h 30 et 3 heures Si le nombre de participants est plus élevé, créer des interactions est plus difficile. Alors qu’avec les formations en présentiel, nous pouvons grimper jusqu’à dix ou douze participants », explique Florian Jaouen.

Cela oblige certaines sociétés à former leurs salariés sur plusieurs sessions, ce qui en résulte des coûts différents. « Toutefois, le client n’a plus à assurer de coûts de déplacement de son personnel, nuance Florian Jaouen, les contraintes sont différentes. » Les sessions numériques comprenant plus de huit personnes sont plus adaptées à des exposés. Le centre d’expertise agroalimentaire encourage les entreprises à se renseigner et débloquer des aides du gouvernement pour avoir un accès au numérique pour leurs salariés, auprès notamment du fonds national de l'emploi (FNE).

L’Adria n’a en revanche pas noté d’augmentation de vues de ses vidéos d’apprentissage mises à disposition de ses clients sur Internet.

Le gouvernement adapte la validation des formations

Le ministère de l’Agriculture a décidé de prolonger les périodes de validité des certificats de compétence de la protection animale (CCPA), qui concernent les salariés des abattoirs, dont les dates de fin de validités se situent pendant la période d’état d’urgence. Les documents n’expireront que deux mois après la fin de cette période. Les certificats Certiphyto sont aussi concernés. Par ailleurs, le ministère a suspendu tous stages et autres actions de professionnalisation, entraînant l’annulation de nombre d’entre eux. « En attendant leur reprogrammation, les stagiaires sont invités à proposer leurs services aux entreprises agricoles dans lesquelles ils devaient réaliser leur stage et d’y travailler, couverts par un contrat de travail », précise le ministère dans un communiqué.

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