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« La transformation bio est un secteur solide, avec des entreprises plus performantes que la moyenne de l’alimentaire »

Alors que le Synabio, syndicat des entreprises alimentaires qui transforment les produits bio va fêter ses 50 ans, Louis Pinot, son Délégué Général évoque avec Les Marchés les grands chantiers pour redynamiser la bio. 

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Louis Pinot de Villechenon est délégué général du Synabio depuis 10 mois
© Synabio

Les Marchés : Vous êtes récemment arrivé au Synabio, comment se porte le syndicat ?

Louis Pinot de Villechenon : Je suis arrivé en octobre 2025. Le Synabio compte 200 adhérents, pour 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. 60 % des entreprises adhérentes sont des PME. Il est intéressant de noter que si 60 % de nos adhérents sont 100 % bio, 40 % ont aussi un pied dans le conventionnel. Nous voulons embarquer le plus de monde possible dans la bio, nous souhaitons travailler main dans la main avec l’Ania, la FNSEA par exemple, qui eux aussi sont parties prenantes. 

 Nous voulons embarquer le plus de monde possible dans la bio

Le Synabio fait partie de la Maison de la Bio, qui regroupent les organisations de la production, transformation et distribution du bio. 

Lire aussi : Présidentielle 2027 : quelles sont les propositions de la Maison de la Bio ?

L. M. : Qu’y a-t-il dans la feuille de route du Synabio à horizon 2030 ?

L.P. : Nous voulons tout d’abord redonner confiance dans la bio, avec un levier de santé publique. On ne peut pas dire que manger bio, c’est être en bonne santé, c’est plus complexe. Néanmoins, le système alimentaire actuel a un coût pour la santé publique. L’ultra-transformation et les contaminants ont un effet négatif sur la santé, des études l’ont montré, et la bio permet de réguler à la source. On a beaucoup parlé de l’hexane dans l’huile, c’est interdit en bio. On le sait peu, mais les pratiques liées à l’ultra-transformation sont réglementées en bio, et nos adhérents ont à chœur d’aller au-delà du cahier des charges. Nous militons pour que le Nutriscore intègre une dimension liée à l’ultra-transformation. Car pour des produits équivalents, les produits bio sont structurellement mieux notés que les conventionnels sur Yuka. 

L. M. : Comment se portent les entreprises de la bio ? 

L.P. : La bio est un secteur industriel compétitif. Une étude de la Banque de France sur nos 200 adhérents a montré que certes, un tiers d’entre eux ont une dette excessive, mais ils présentent un taux de résultat net deux fois supérieur à la moyenne des IAA. Nos entreprises sont aussi plus matures et résilientes, puisque 50 % ont plus de 20 ans, contre 10 % en moyenne des IAA. 

La bio est un secteur industriel compétitif.

 La bio est un secteur solide, avec des entreprises plus performantes que la moyenne de l’alimentaire. 

Lire aussi : Pour Biocoop, « le marché bio n’est pas en crise et n’est pas un marché de niche »

L. M. : Pourtant il y a eu beaucoup de difficultés dans la bio…

L.P. : Effectivement, mais c’est normal. La bio attirait avec sa croissance à deux chiffres, il y a eu beaucoup d’entrants sur le marché, des entreprises ont fermé leur activité. Mais cet écrémage a aussi permis la consolidation du secteur. Aujourd’hui, nos entreprises ont besoin de réinvestir, il faut les soutenir, pour voir émerger les ETI alimentaires de demain. 

Lire aussi : Bio : moins de fermes, moins de superficies, mais une demande qui revient

L. M. : La crise du bio est donc finie ?

L.P. : La crise du bio était une crise de l’offre et de la visibilité. Nous voulons travailler à l’accessibilité du bio, qui n’est pas qu’une question de prix. La GMS a coupé l’offre en rayon, la reprise des ventes est nette dans la distribution spécialisée. Nous nous félicitons d’ailleurs de voir que le Sénat a inscrit dans la loi d’urgence agricole la transparence sur la part du bio en GMS et en RHD. Cette visibilité des taux de bio est très attendue. 

La crise du bio était une crise de l’offre et de la visibilité.

En ce qui concerne les relations commerciales, nous sommes alignés avec les demandes de la Feef, qui représente aussi des PME. Nous voulons lutter contre le rapport de force qui nous est défavorable. Reste la question de la péréquation des marges. C’est certes le cœur du business model de la grande distribution, mais il y a des abus. Nous demandons que l’OFPM aie les moyens de faire la transparence sur les marges des produits bio, mais aussi sous signe de qualité et d’origine. 

Lire aussi : Prix et marges des produits alimentaires bio : l’agriculture bio demande à « lever le voile »

L. M. : Comment se passent les relations commerciales avec la distribution spécialisée ?

L.P. : Les relations commerciales avec les enseignes bio se déroulent mieux qu’avec la GMS. Mais on constate un durcissement des pratiques, avec des recrutements de cadres issus de la grande distribution. Néanmoins la distribution spécialisée a plus d’ouverture, elle a la place pour les marques émergentes. C’est une taille plus appropriée pour nos entreprises, pour entamer des relations partenariales et des projets de construction de filières. 

Lire aussi : Le bio n’est pas épargné par les négociations commerciales sous tension

L. M. : Ce sujet de la construction de filière bio reste important ? 

L.P. : Oui, le sujet de la pérennité des approvisionnements en bio est une préoccupation majeure pour nos entreprises, même avant la publication des chiffres de l’Agence Bio. Nous y travaillons au sein de la Maison de la Bio. 

Lire aussi : « En GMS, l’épicerie bio croît trois fois plus vite que le conventionnel » pour le président d’Ecotone

 

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