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Chocolat
La saison de Pâques va se prolonger cette année

Dans la filière chocolat, les acteurs sont différemment touchés par la crise actuelle. Les producteurs pour les GMS leur ont déjà vendu leurs volumes, tandis que la situation semble plus délicate pour les artisans chocolatiers.

Patrick Poirrier
Patrick Poirrier, président du Syndicat du chocolat.

Les chocolats de Pâques ayant déjà été livrés à la GMS depuis plusieurs semaines, la crise du Covid-19 n’a pas eu d'effets sur la production. « Les produits sont en stock, prêts à être vendus. Mais nous n’avons pas pu adapter la production à la surface de vente disponible en ce moment », confie Patrick Poirrier, président du Syndicat du chocolat. Les acteurs de la filière restent optimistes sur les ventes de chocolat pour les fêtes de Pâques, les consommateurs étant désireux de profiter de l’opportunité plaisir qui se dessine. « Cette année, les ventes ne seront peut-être pas aussi concentrées autour de trois ou quatre jours. La saison doit durer plus longtemps que d’habitude », selon Hubert Ducrot, directeur général de Révillon.

Les enseignes de grande distribution se sont mises d’accord pour prolonger la vente des chocolats. « Nous souhaitons que cette extension puisse servir pour les années à venir, comme ce qu’il se fait aux États-Unis, où les chocolats sont vendus pendant deux mois pour fêter le retour des beaux jours », ajoute Patrick Poirrier. Certains artisans chocolatiers ouvrent à nouveau leur atelier pour l’occasion, tandis que d’autres comme le chocolatier normand Auzou ont renoncé, choisissant de fêter Pâques après le confinement. « Il est encore trop tôt pour dire quel impact le contexte actuel aura sur les ventes », souligne Hubert Ducrot.

inquiétude pour la restauration

Les ventes de chocolat sur Internet se sont fortement développées, via Amazon, et les sites des artisans. « Nos commandes en digital sont bien supérieures à la normale, bien que cela ne compense que partiellement la totalité de nos ventes sur la période. Notre activité actuelle n’a rien à voir avec une activité avant-Pâques », précise Marc Cluizel, président de la Manufacture Cluizel. La société manque aujourd’hui grandement d’emballages adaptés à l’expédition. « Internet n’est toutefois pas le canal principal de vente pour le haut de gamme », déplore-t-il. La boutique parisienne de la Manufacture Cluizel rouvrira pour une semaine autour de Pâques avec des horaires réduits. « Ce n’est pas sûr que cette manœuvre soit financièrement intéressante, mais on va le faire quand même », ajoute-t-il.

Nos commandes en digital sont bien supérieures à la normale

L’un des canaux principaux pour la PME, en plus du commerce de détail, était la restauration, dont la fermeture la fait souffrir. « Je me fais du souci pour la suite. Qui de mes clients sera toujours là après la crise ? » s’interroge Marc Cluizel. La société a accordé des délais de règlement pour ses clients restaurateurs qui n’ont plus de rentrée d’argent. Certains établissements du réseau CHR ont pu compter sur la GMS pour leur racheter leur stock de chocolat.

Enfin, la filière s’inquiète par rapport à la progression de l’épidémie de Covid-19 dans le monde, et en particulier en Afrique et en Amérique du Sud, chez ses fournisseurs de cacao. Maintenant, les acteurs de la filière se tournent vers Noël 2020.

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