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« La production de dinde est stable en 2025, c’est une bonne nouvelle »

Après plusieurs années de recul, la filière dinde semble retrouver de la stabilité dans les abattages en France. Malgré une consommation intérieure en recul, la France arrive à améliorer ses exportations vers l’Union européenne.

Dinde en élevage
La France garde un solde commercial excédentaire en dinde
© Pascal Le Douarin

« La production de dinde est stable en 2025, c’est une bonne nouvelle » se réjouit Yann Nedelec, directeur de l’interprofession Anvol, lors d’une conférence de presse. Sur les neuf premiers mois de l’année, la production de dinde en France progresse légèrement de 0,2 % en France. Déjà en 2024, la production de dinde en France s’élevait à 257 000 téc, en hausse de 6,7 % par rapport à 2023. Une première depuis huit ans. Mais entre 2000 et 2024, la production nationale a chuté de 471 000 téc (-65 %).

La consommation de dinde recule, concurrencée par le poulet

La consommation de dinde amorce une nouvelle baisse en 2025, avec un recul de 5,3 % entre janvier et septembre. En 2024, chaque Français en avait consommé en moyenne 3,7 kg, soit 11,6 % de l’ensemble des viandes de volaille. Cette baisse s’explique principalement par la concurrence accrue du poulet, plus compétitif.

« Pour produire du jambon de volaille, c’est plus intéressant d’utiliser du poulet car il est beaucoup moins cher »

« Pour produire du jambon de volaille, c’est plus intéressant d’utiliser du poulet car il est beaucoup moins cher », indique Mohammed Bouzidi, chargé d’études économie à l’Itavi. En Pologne, l’écart de prix va jusqu’à un euro par kilo entre les deux espèces pour le filet. Ainsi, les fabricants de cordons-bleus, nuggets ou encore jambons de volaille privilégient désormais majoritairement le poulet. Sur les escalopes également, l’écart atteint 1 à 2 euros en défaveur de la dinde.

Lire aussi : Déconsommation de dinde : et si c’était la faute du poulet ? 

Des différences de rendement défavorables à la dinde

Le rendement d’une carcasse en filet de poulet peut atteindre jusqu’à 25 %, contre 16 à 18 % il y a vingt ans, grâce au développement du poulet lourd. À l’inverse, le rendement en filet de dinde par carcasse se maintient entre 25 et 27 %, un niveau qui n’a pas évolué depuis plusieurs décennies. De plus, les coûts de production sont plus bas en poulet.

L’escalope reste la partie la plus vendue en dinde

L’escalope demeure le segment le plus porteur en dinde. Sauté, rôti et blanquette restent quant à eux très utilisés en restauration collective, ce qui permet de soutenir partiellement la demande hors domicile. Mais la tendance demeure fragile. « Ça résiste, mais on est sur une érosion plutôt structurelle pour la dinde », analyse Mohammed Bouzidi.

Lire aussi : « Il n’y aura pas d’inflation sur les volailles festives cette année » 

Reprise des exportations de dinde française vers l’Europe 

La France a exporté 55 000 téc de dinde en 2024. Cette année la dynamique est plus favorable. Le total des exportations est en hausse de 6,7 % entre janvier et septembre. Les débouchés restent concentrés principalement en Europe et en Afrique de l’Ouest.

La Belgique s’impose comme le premier importateur viande de dinde française, représentant 37 % des exportations sur les neuf premiers mois de l’année. Les envois vers ce pays ont progressé de 26 % en neuf mois. Vers l’Allemagne également les expéditions françaises ont grimpé de 10 %.

Lire aussi : Le poulet chinois s’impose en Europe, la volaille française alerte 

Les pays tiers comptent encore pour 25 % des volumes exportés, une part en baisse de 5 points en 5 ans.  Le Bénin absorbe à lui seul la moitié des envois vers l’Afrique. Mais la demande béninoise recule et les envois français vers l’Afrique subsaharienne sont en baisse de 31 %. Cette baisse est toutefois compensée par la progression de 13 % des exportations vers l’Union européenne. 

Le recul de la production de dindes en Pologne favorise la France

Selon Mohammed Bouzidi, la reprise des exportations françaises vers l’UE s’explique en partie par la situation en Pologne, où la production a reculé en début d’année 2025 en raison de la grippe aviaire. 

Des importations de dinde stables 

Sur les neuf premiers mois de 2025, les importations restent stables (+0,3 %), à un niveau proche des 44 000 téc enregistrés en 2024. La dinde française souffre toutefois d’un déficit de compétitivité. En Allemagne ou en Pologne, les animaux sont plus lourds, avec des poids moyens allant de 15 à 20 kg vif, alors qu’en France la production repose essentiellement sur des dindes médium de 11 à 12 kg vif. Cette différence de gabarit influe directement sur les prix de vente.

«En restauration hors domicile, la majorité des volumes consommés provient de Pologne »

« Cette situation pèse sur le manque de représentativité de la dinde française dans certains circuits. Les enseignes de discount comme Lidl ou Aldi, privilégient les produits élaborés en provenance d’Allemagne. En restauration hors domicile, la majorité des volumes consommés provient de Pologne, le premier fournisseur de dinde en France » explique Mohammed Bouzidi.

Le segment halal, une voie de valorisation de la dinde française ? 

« Le segment de la production halal reste un débouché à creuser pour mieux valoriser la carcasse de dinde, notamment via les charcuteries halal. » Les marchés halal en Pologne et en Espagne montrent déjà des exemples de produits à base de dinde : salami, allumettes fumées, chorizo de dinde, charcuteries fumées, lardons de volaille… Ce segment se prête bien à la dinde, souvent moins coûteuse que d’autres viandes pour des parties peu valorisées. Les viandes séparées mécaniquement utilisent également beaucoup de dinde, c’est le cas des knacks dans ces pays. Développer des produits de dinde halal pourrait offrir de nouvelles opportunités à la filière dinde française, selon le chargé d’étude l’Itavi. 

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