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La filière laitière en Ukraine victime de l’invasion russe

Deux ans et demi après le début de l’invasion de la Russie de l’Ukraine, la filière laitière du pays est exsangue, le marché déséquilibré et les professionnels en appellent à l’action de l’état. Le pays reste néanmoins acheteur de fromages européens, y compris français.

une vache noire et blanche dans une prairie, un drapeau ukrainien flotte derrière
L'industrie du lait ukrainienne craint une décapitalisation rapide dans le pays plombé par l'invasion russe
© Généré par l'IA

En Ukraine, le prix du lait au producteur a bondi d’environ 30 % entre octobre 2023 et octobre 2024, selon l’Union des entreprises laitières ukrainiennes, qui alerte sur la compétitivité de la filière locale et sur l’impact pour le consommateur de cette flambée. 

Lire aussi : Ukraine : 20 % de blé en moins à cause de la guerre avec la Russie

Pannes de courant et manque de main d’œuvre

La chute de la production laitière s’explique, selon eux, par des fermes qui cessent leur activité lait à cause des pannes de courant régulières et du manque de main d’œuvre. D’important volumes sont aussi déclassés et ne peuvent être utilisés pour la transformation industrielle, qui elle aussi souffre du manque de main d’œuvre. L’union des entreprises laitières jugent que la situation est critique et pourrait se traduire par des faillites puis une décapitalisation du cheptel, si l’état n’intervient pas. 

Lire aussi : Volaille : Comment, malgré les quotas, l’Ukraine continue d’exporter vers l’UE

Des fermes familiales qui plombées par la guerre

Les fermes familiales élèvent 70 % des vaches laitières ukrainiennes, et produisent 62 % du lait, le reste étant le fait d’exploitations agro-industrielles. Ce sont ces fermes familiales qui souffrent le plus de l’invasion russe, notamment par la perte de leurs débouchés. Les fermes industrielles, elles, ont pu, pour les plus solides, se délocaliser vers l’Ouest et s’éloigner des zones de tension. D’autres ont aussi lancé des projets de construction conformes à la réglementation européenne. Ainsi, sur la campagne 2023/2024, la collecte des fermes industrielles a renoué avec la croissance tandis que la baisse continuait dans les petites exploitations. La collecte laitière ukrainienne devrait encore reculer de 2 % en 2025, pour un volume total en repli de 35 % par rapport à 2014 selon les calculs de l’USDA. 

Une consommation de lait qui recule

La consommation de produits laitiers recule en Ukraine, d’une part avec l’exil d’une grande partie des femmes et des enfants, de l’autre à cause des tensions sur le pouvoir d’achat.

Lire aussi : Volaille : comment le modèle ukrainien des méga-fermes s’introduit en Europe

Les importations de fromage depuis l’UE résistent

Alors que les goûts des Ukrainiens évoluent, s’éloignant de leur fromage traditionnel à pâte dure pour aller vers des pâtes molles ou des fromages ingrédients, les produits européens y trouvent leur place, d’autant plus que le pays y reconnait les indications géographiques de l’UE. 

Lire aussi : Ukraine : les dégâts et pertes du secteur agricole chiffrés à 80 milliards de dollars par la Banque mondiale

L’Europe du nord domine sur les pâtes dures et les fromages de grande consommation, tandis que la France et l’Italie se partagent le segment des pâtes molles. 

Pays d'origineVolume de fromage importé par l'Ukraine
Pologne9 566 tonnes
Allemagne4 896 tonnes
Pays-Bas2 246 tonnes
Italie1 194 tonnes
France1 009 tonnes
Lituanie778 tonnes
Autres3 213 tonnes

L’Ukraine exporte des fromages vers le Kazakhstan et la Moldavie, des pays qui ont des goûts similaires. Si elle a en théorie accès au marché européen, la concurrence y limite ses entrées aux magasins dédiées aux populations immigrées. 

Lire aussi : Comment EarthDaily compte soutenir les petits agriculteurs ukrainiens

Pas de beurre ukrainien en Europe, mais de la poudre

L’USDA précise que les exportations de beurre de l’Ukraine sont principalement dirigées vers des anciennes républiques soviétiques. En revanche, plus de la moitié des exportations ukrainiennes de poudre de lait écrémé est dirigées vers l’UE, principalement vers la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie. Toujours selon l’USDA, ces volumes sont soit réexportés, soit mélangés à des poudres communautaires.

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