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Conjoncture
La fièvre porcine rebat les cartes

La propagation de la peste porcine africaine en Chine et en Belgique brouille les cartes sur le marché mondial et incite à la prudence. Outre-Atlantique, on attend la reprise des achats chinois. Pour l’Europe, entre occasions à saisir et effondrement du commerce, il pourrait bien n’y avoir qu’un pas.

En Chine, les consommateurs deviennent plus frileux.
© B. C.

L’arrivée de la peste porcine africaine (PPA, ou fièvre porcine africaine (FPA)) en Belgique mi-septembre a jeté un froid sur le marché européen. Fermetures des frontières et chute des prix… Tel a été le sort belge à peine six jours après l’annonce de sangliers morts de la PPA, et tel était le spectre qui planait au-dessus des grands producteurs européens fin septembre. Un contexte qui incite les industriels à redoubler de prudence dans leurs achats, refusant d’augmenter leurs stocks de viande congelée de peur de voir leurs capacités de vente ramenées à leur portion congrue en cas de découverte de cas de PPA dans leur pays.

Ces inquiétudes s’ajoutent à un climat déjà peu enthousiaste. Le marché communautaire manque de tonus, la revalorisation de la viande est jugée insuffisante et les résultats des entreprises décevants. Une tendance qui pourrait se prolonger à moyen terme. À l’export, si les ventes européennes de fin d’année peuvent profiter des achats de la Chine en prévision de son Nouvel An, tout dépendra de la vitesse de propagation de la PPA en Europe et en Chine.

Possible retour de la Chine

En Chine, il semble peu probable que le virus soit contenu, estime Rabobank qui s’attend à ce que de nouveaux foyers soient déclarés. La donne y a par ailleurs déjà changé avec des consommateurs plus frileux pour une offre plus large. Les abattages s’accélèrent dans les provinces où la circulation des porcs et produits du porc est interdite, souvent les régions denses en production. Cette vague de décapitalisation tend à freiner la hausse quasi continue depuis la mi-mai des cours du porc, mais pourrait laisser place d’ici peu à de moindres volumes (-2 à -3 Mt, selon Rabobank) et une augmentation des cours.

Ce renchérissement, sauf si la consommation chinoise flanche, pourrait se traduire par une reprise des importations. Et ce d’autant qu’un manque d’offres et une forte hausse des prix sont déjà signalés dans les grands centres urbains et les régions de l’Est et du Sud, précise Rabobank.

Europe : contre la montre

De telles perspectives sont de bon augure pour les exportateurs mondiaux. En Europe, une course contre la montre a débuté. Si la PPA est contenue, les ténors pourraient tirer leur épingle du jeu. Si le virus se propage, une Europe à plusieurs vitesses pourrait se dessiner. Des marchés s’enliseraient faute de débouchés quand d’autres pourraient tirer profit de l’absence de leurs voisins, excepté si leur proximité géographique avec le virus venait à rendre les importateurs plus craintifs.

À l’inverse, on se réjouit outre-Atlantique. Notamment au Canada et au Brésil, indemnes de PPA et aux relations plutôt au beau fixe avec la Chine. Les États-Unis lorgnent aussi l'Asie. Les tensions entre Washington et Pékin limitent l’attractivité des viandes, mais la politique peut rapidement évoluer. En outre, les États-Unis pourraient regagner en compétitivité dans le cas d’une hausse des prix des importations chinoises, les cours américains étant attendus sous pression, du fait de la croissance de la production.

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