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La croissance du marché bio impose de nouveaux défis aux filières

La grande distribution a tiré la croissance du marché bio au 1er semestre 2017.
© Gutner archives

Au premier semestre 2017, le marché des produits biologiques a progressé de 500 millions d’euros, selon les premières estimations de l’Agence bio, alors qu’il avait déjà atteint plus de 7 milliards en 2016 (RHD comprise). Sur cette période, la grande distribution tire le marché avec des ventes en hausse de 18 %, alors que les magasins bios ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 12 %. « Le marché a donc augmenté de 14 % au premier semestre 2017, une progression certes importante, mais qu’il faudrait mettre en perspective par rapport au +20 % du premier semestre 2016. Nous aurions eu une croissance plus importante si nous avions eu les produits pour répondre à la demande », affiche clairement Florent Guhl, directeur de l’Agence bio. La pénurie de produits s’est fait ressentir dans les filières laitières et les fruits et légumes, du fait de conditions climatiques non favorables ou pour des raisons structurelles liées au manque de conversions.

Nous sommes en situation de pénurie

« Sur le lait, la filière a connu la sécheresse en 2016, donc nous n’avons pas collecté plus de lait que le premier semestre 2016. S’ajoute à cela le manque d’approvisionnements aussi, mais il y a eu d’importantes conversions qui permettront la mise en marché de produits en 2018. Pour l’instant, nous sommes en situation de pénurie. Dans les légumes, certaines cultures ont été victimes du temps comme les pommes de terre et les courgettes », détaille Florent Guhl.

Vers un « état des lieux » des aides au soutien

Si l’année 2016 a été marquée par de nombreuses conversions, le premier semestre 2017 affiche un ralentissement notamment dans les filières de l’élevage laitier et de l’élevage allaitant, en particulier ovin. Si le nombre de producteurs supplémentaires au cours du premier semestre 2017 s’élève à 2 965, niveau comparable à celui enregistré un an plus tôt, ce solde cache des arrêts et des engagements moindres. Ceci étant, le rythme des conversions reste élevé avec 19 exploitations bios converties chaque jour. En grandes cultures, le nombre de conversions reste important avec 638 opérateurs supplémentaires, contre 696 sur la même période l’année passée.

L’Agence bio rappelle qu’« après une collecte 2016-2017 en recul, la filière est encore dépendante des importations », même si les conversions portaient leurs fruits dans les deux prochaines années. En revanche, le premier semestre a été marqué par un « bond du nombre d’entreprises de transformation et de distributeurs » ayant notifié leur activité à l’Agence bio. « La croissance est de 11 % pour les distributeurs, c’est un record », note Florent Guhl.

Face à un aval dynamique, la production va devoir suivre pour éviter le risque de pénurie, alors que les producteurs sont confrontés à un manque d’aide dans certaines régions. Pour le directeur de l’Agence bio, « la filière a besoin d’un état des lieux » sur ce sujet, soulignant que toutes les Régions n’ont pas la même politique de soutien. Certaines mettent en effet en avant le manque d’aides, quand d’autres comme la Nouvelle-Aquitaine lancent des plans ambitieux.

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