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La crainte de récoltes dégradées fait grimper les prix

À la tension des prix entretenue par la bonne activité de l'export, vient s'ajouter la crainte de récoltes dégradées, surtout qualitativement, par les conditions climatiques. Les marchés, à terme et physique, s'inscrivent en hausse.

Période du 1er au 7 juin. Le weather market reprend ses droits, non sans quelques bonnes raisons considérant les conditions météorologiques défavorables de l'Amérique du Sud au continent européen, en particulier en France. Les dernières notes attribuées par Céré'Obs aux cultures céréalières dans l'Hexagone accusaient, à la date du 30 mai, une dégradation générale par rapport à la semaine précédente et surtout à l'an dernier ; la notation bonne à très bonne pour le blé tendre s'affichait pour 81 % des surfaces contre 83 % pour la période précédente et 85 % il y a un an. Le blé dur décrochait plus nettement, passant entre les deux dernières périodes de 78 à 70 % contre 83 % l'an dernier. Mais les différences sont sensibles entre les régions traditionnelles méridionales qui dépassent les 80 %, ayant bénéficié de pluies opportunes, et le Centre à 51 %, pénalisé par les précipitations excessives. Pour l'orge d'hiver, la première estimation de production publiée lundi par le ministère de l'Agriculture vient confirmer les récentes notes de Céré'Obs en annonçant des rendements en retrait sensible sur l'an dernier, à 68,8 quintaux par hectare (qx/ha) contre 73 qx/ha et une récolte de 9,47 millions de tonnes (Mt) contre 9,52 Mt l'année dernière, malgré l'augmentation des surfaces. En ce qui concerne le maïs, on retiendra surtout les observations de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) qui fait état de bonnes conditions globales avec des densités au rendez-vous, mais d'un retard de quinze jours des cultures.

Période de soudure prolongée pour le maïs

La hausse des cours des céréales sur Euronext comme sur le marché physique est donc renforcée par ces craintes de dégradation, surtout qualitative, des récoltes, s'ajoutant à la poursuite d'un vigoureux courant d'export de blé et, dans une moindre mesure, de maïs. Ce dernier bénéficie en effet des moindres offres de l'Ukraine et de l'Amérique du Sud pour consolider son courant de ventes à l'Union euro-péenne, voire au grand large avec un chargement à La Pallice de 33 000 tonnes à destination de la Malaisie. Et même s'il est concurrencé sur le marché intérieur par le blé fourrager, la période de soudure prolongée par le retard des cultures contribue à sa fermeté.

Devant l'importante activité d'exportation, le conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer qui se réunit le jeudi 9 juin sera sans doute amené à réviser ses bilans prévisionnels blé et maïs dans le sens d'un allégement des stocks. Mais on en attend surtout un point sur l'état des cultures. Pierre Gautron

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