Guerre au Moyen-Orient : un quart des exportations de poulet du Brésil sont perturbées
Le Moyen-Orient est un débouché clé du poulet brésilien. La guerre au Moyen-Orient perturbe la demande et la logistique dans ces pays importateurs. Pour l'heure, la volaille européenne semble peu concernée par le conflit.
Le Moyen-Orient est un débouché clé du poulet brésilien. La guerre au Moyen-Orient perturbe la demande et la logistique dans ces pays importateurs. Pour l'heure, la volaille européenne semble peu concernée par le conflit.
Selon une analyse publiée le 6 mars par le centre d’études brésilien Cepea sur les produits agricoles, et repérée par nos confrères d’Agra, les hostilités guerrières en cours au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz entravent ou suspendent les exportations de poulet de Brésil.
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Le Moyen-Orient, débouché du quart du poulet brésilien
Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont respectivement la première et la troisième destination de la viande de poulet brésilienne. L’ensemble de la région a représenté en 2025 le quart des tonnages de poulet expédiés par le Brésil, soit 877 000 tonnes, en grande majorité du poulet entier.
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Les prochains envois vers cette région devraient être suspendus. Les acteurs consultés par le Cepea envisagent de rediriger la viande vers d’autres marchés. Ce qui impliquerait toutefois des contraintes logistiques, juridiques et phytosanitaires. Une réorientation vers le marché intérieur brésilien est aussi envisagée.
La production de poulet était en croissance au Moyen-Orient
Le Moyen-Orient, qui comprend l'Iran, l'Afghanistan et la Turquie représente 8 % de la consommation mondiale de poulet mais 15 % des importations totales. Si la production mondiale de volaille est en croissance, le Moyen-Orient en est le moteur pour 10 % des volumes supplémentaires, calcule la Rabobank, qui estime que cette nouvelle guerre va rebattre les cartes, notamment au profit des producteurs locaux plutôt que des fournisseurs étrangers.
Peu d'impacts directs sur le poulet européen
Pour les exportateurs européens, l'impact direct reste relativement limité, s'attendent les analystes. Seulement 5% des exportations européennes de volailles sont destinées au Moyen-Orient. De plus, une forte demande en Europe peut absorber une partie des pertes éventuelles à l'exportation. Il peut néanmoins y avoir des conséquences sur le marché des oeufs à couver, que l'Europe exporte vers la région. L'impact final reste fortement dépendant de la durée et de l'escalade du conflit, soutiennent les analystes. Plus les perturbations persistent, plus les risques de redirection des flux commerciaux du Brésil seront importants.