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Volailles
Exporter vers l’Asie, un enjeu pour l’équilibre carcasse

Si la hausse des importations chinoises de viande de volaille est au cœur de l’enjeu d’équilibre carcasse des filières avicoles européennes, la concurrence reste toutefois de mise sur le marché du grand export.

Plus de 80 % des volumes de volaille importés par la Chine et Hong Kong sont constitués de découpes avec os (pattes et ailes). © Valentin Ragot
Plus de 80 % des volumes de volaille importés par la Chine et Hong Kong sont constitués de découpes avec os (pattes et ailes).
© Valentin Ragot

Deux ans après son apparition en Chine, la peste porcine africaine (PPA) bouleverse non seulement le marché du porc mais aussi celui de la volaille. La perte du cheptel porcin en Chine a été si colossale que le prix du porc a presque triplé depuis la découverte du virus dans le pays en 2018 ! La Chine cherche à tout prix à combler son déficit de protéines, notamment en reportant sa production sur la volaille et en augmentant ses importations de cette viande.

Hausse de la demande à la suite de la PPA

En 2019, la production de volailles chinoises a connu une expansion rapide (+13 % en un an), rapporte l’Institut technique des filières avicoles (Itavi). Une tendance haussière qui devrait se poursuivre en 2020 et à plus long terme. Selon le rapport sur les perspectives agricoles de la Chine, la production de viande de volaille du pays augmentera en moyenne de 2,2 % par an au cours des dix prochaines années, indiquant une demande dynamique.

Malgré le ralentissement des échanges avec la pandémie de coronavirus, un bond des importations chinoises de viande de volaille a été enregistré au premier semestre 2020 (+26 %), note l’Itavi. Le report de la consommation sur la viande de volaille devrait se poursuivre, avec des importations qui se maintiendront à des niveaux élevés, soit deux fois de plus qu’avant la PPA, selon l’USDA.

Des occasions de valorisation d’abats à saisir pour l’UE ?

Plus de 80 % des volumes importés par la Chine et Hong Kong sont constitués de découpes avec os (pattes et ailes). Contrairement à l’UE où la consommation est surtout centrée sur les filets et préparation, les produits les plus plébiscités en Chine restent les pattes, ailes et abats. L’USDA rapporte un prix des filets au kilogramme en Chine 30 % inférieur à celui des cuisses et 70 % inférieur à celui des ailes, soit un rapport prix inversé par rapport au contexte européen. Ces préférences de consommation opposées seraient notamment au cœur de l’enjeu d’équilibre carcasse des filières avicoles dans l’UE et en France. En effet, avec une production orientée sur les découpes désossées pour approvisionner le marché intérieur, la valorisation de l’ensemble de la carcasse renforcera la compétitivité de la filière France.

En 2019, un accord de principe et un protocole sanitaire entre les deux pays ont permis de lever l’embargo sur les produits de volaille. Une vingtaine d’abattoirs ont reçu l’agrément export. « En revanche, si l’Hexagone a pu augmenter ses exportations vers la Chine et Hong Kong de 5 % en volume 2019 (+11 % en valeur) sur des abats et des ailes, la contribution au solde commercial reste limitée (+3,5 M€ pour un déficit de 360 M€ en 2019) », précise l’Itavi. C’est surtout le Brésil (48 %) et les États-Unis (25 %) ou encore les entreprises partenaires de groupes chinois (WH Group, CP Group) qui ont pu bénéficier des achats de la Chine. Les exportateurs français souhaitant saisir des occasions de valorisation de coproduits de carcasse ne sont en effet pas à l’abri de la rude concurrence sur le marché mondial !

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