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Filière
Comment l'œuf français veut coller à la demande

La filière œufs se transforme en amont pour qu’en 2022 au moins une poule sur deux soit élevée en dehors d’une cage. Elle lance aussi une démarche qualité certifiée sous le logo Œufs de France.

Loïc Coulombel, administrateur du CNPO et président du Snipo attend une forte montée en puissance des oeufs alternatifs et des innovations dans les ovoproduits.
© Adocom

Dans les magasins, les ménages achètent 52 % d’œufs d’élevage standard, d’après les relevés de Kantar Worldpanel pour 2017. Ces œufs sont pondus par des poules élevées dans des cages réglementaires. Quand les ménages choisissent des œufs de poules élevées en système alternatif à ces cages, ce sont à 25 % des œufs de poules élevées en plein air sans aucun signe officiel de qualité, puis à 12 % des œufs bios, à 9 % des œufs label Rouge et à 2 % des œufs de poules élevées au sol. La préférence pour les œufs d’élevage alternatif devrait encore s’affirmer dans les années qui viennent selon les distributeurs et le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO).

Au premier trimestre 2018, les œufs standard se sont repliés de 3,5 % alors que ceux de poules en plein air ont progressé de 9,8 %, les œufs bios de 4,8 % et ceux de poules au sol de 10,6 %.

Ces évolutions se mesurent en comparaison du premier semestre 2017, bien avant la crise du fipronil. Cette fraude, intervenue l’an dernier au Benelux, s’est traduite par une plus grande sollicitation de la filière française. Depuis, le cours des œufs en coquille (TNO calibré, réalisée par Les Marchés) demeure relativement élevé. Pour les quatorze premières semaines de 2018, il est de 45,2 % au-dessus de la moyenne de la même période en 2017… sans freiner la consommation.

Les ovoproduits aussi

Les consommateurs de France ne sont pas les plus grands acheteurs d’œufs coquille d’Europe. En revanche, ils sont les plus grands consommateurs d’Europe d’ovoproduits. Ils sont à 136 œufs coquille par habitant et par an et à 81 sous forme transformée, en restauration ou chez eux *. La montée des œufs alternatif est aussi manifeste dans les ovoproduits et produits transformés. Selon Loïc Coulombel, président du Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo), le quart des ovoproduits de France intègre aujourd’hui des œufs alternatifs. Ce sont surtout des œufs plein air pour les clients industriels ou grossistes français et des œufs au sol pour les clients étrangers.

Loïc Coulombel signale « une accélération plus rapide des œufs alternatifs dans la transformation que dans la distribution ». « On peut penser que les œufs alternatifs représenteront 50 % des œufs transformés dans les trois prochaines années », a-t-il considéré à la fin avril en conférence de presse. Comme le CNPO et le Snipo manquent de repères dans la restauration hors domicile (RHD), l’institut technique Itavi doit fournir dans les prochains mois une étude sur la consommation d’œufs en RHD à l’horizon 2025.

9 millions de poules à déménager

Afin de répondre à l’évolution de la demande, la filière prévoit que d’ici à 2022, 9 millions de poules élevées aujourd’hui en cage le seront en système alternatif. La contractualisation sera le premier moteur de cette évolution en amont qui s’accompagnera d’un glissement de la Bretagne vers les autres régions et devrait coûter « au moins 277 millions d’euros », selon le CNPO. Elle s’aligne par ailleurs sur les nouveaux critères de traçabilité et de qualité du logo Œufs de France, qui doit apparaître en septembre dans les magasins.

* En moyenne de 2014 à 2016 de sources Itavi d’après IEC, Meg, SSP, Prodcom, douanes.

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