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3 questions à
Clément Mauboussin : « En trente ans, Cooperl Environnement a investi 300 millions d’euros »

Cooperl, coopérative bretonne leader de la production et de l’industrie porcine en France (2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 7 400 salariés) soigne son empreinte carbone. Interview de Clément Mauboussin, le coordinateur de la responsabilité environnementale.

Clément Mauboussin, coordinateur de la responsabilité environnementale au sein du groupe Cooperl.
Clément Mauboussin, coordinateur de la responsabilité environnementale au sein du groupe Cooperl.
© Cooperl

Par quels moyens le groupe Cooperl est-il entré dans une trajectoire bas carbone ?

Clément Mauboussin - Nous avons établi en 2020 le bilan carbone du groupe en intégrant toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES), directes et indirectes (Scope 1, 2 et 3) : l’élevage, l’industrie, le transport, les emballages et les déchets. Nous avons calculé également le CO2 des collaborateurs dans leurs déplacements et celui émis par le consommateur quand il achète ou prépare nos produits. Nous sommes parvenus à un total annuel de 3,2 millions de tonnes équivalent CO2 pour nos sites en propre, hors participations. Ces émissions proviennent à 80 % de l’amont agricole, de 6 % des transports, de 2,3 % de l’énergie, des fuites de fluides frigorigènes, etc.

Pourquoi avoir établi cette comptabilité carbone ?

C. M. - Nous nous inscrivons pleinement dans les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) de réduire de 100 % les émissions de GES dans les transports, de 80 % dans l’industrie et de 46 % dans l’agriculture. Mais plutôt que de les atteindre en 2050, nous visons 2040 parce que nous nous préparons depuis plusieurs années. En trente ans, Cooperl Environnement a investi 300 millions d’euros dans cette démarche. Le groupe dispose d’une unité de méthanisation alimentée avec les effluents collectés chez nos éleveurs adhérents pour produire un biogaz injecté sur le réseau GRDF. Cooperl démarre le traitement des graisses issues de l’industrie pour produire un biocarburant avancé qui devrait, à terme, faire rouler nos véhicules.

Quels plans d’action mettez-vous en œuvre aujourd’hui ?

C. M. - Nous activons deux leviers principaux : l’alimentation des animaux (alimentation de précision, intrants bas carbone, etc.) et l’élevage (abaissement de l’indice de consommation, ce que le mâle entier nous permet plus aisément). Et veillons en parallèle à réduire les émissions de GES d’origine énergétique dans nos usines (récupération de l’énergie fatale, production de froid optimisée, etc.). Nous réfléchissons également à faire évoluer notre production de chaleur (biomasse). Enfin, Cooperl certifie progressivement ses sites à la norme Iso 50001 (douze des vingt-cinq sites industriels à ce jour, soit 75 % de nos consommations) pour disposer du cadre organisationnel nécessaire aux changements futurs.

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