Chevreau : « sans cotation, on manque de visibilité sur le marché »
Il n’y a plus que deux abattoirs de chevreaux en France, ce qui ne permet plus à FranceAgriMer de publier la cotation nationale du chevreau vif. Le marché perd donc en visibilité. Les éleveurs engraisseurs caprins d’un quart de la France n’ont plus d’outils à proximité.
Il n’y a plus que deux abattoirs de chevreaux en France, ce qui ne permet plus à FranceAgriMer de publier la cotation nationale du chevreau vif. Le marché perd donc en visibilité. Les éleveurs engraisseurs caprins d’un quart de la France n’ont plus d’outils à proximité.
La cotation nationale du chevreau vif, publiée de manière hebdomadaire par FranceAgriMer depuis 2010, avec des interruptions estivales quand l’offre manquait, ne l’est plus depuis la semaine 17. Depuis cette date, l’abattoir Palmid’Or à Trambly (Saône-et-Loire), filiale de LDC, n’abat plus de chevreaux. « Palmid’Or a communiqué pendant le SIA sa volonté de se concentrer sur la volaille. Ils ont fini la saison, car mars et avril sont le pic des abattages, puis ont arrêté l’activité chevreau », explique Raphaël Guyet, Directeur de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC).
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Plus de repère sur le marché du chevreau
« Sans cotation, on manque de visibilité sur le marché », regrette le directeur. Mais à cause du secret statistique, impossible pour FranceAgriMer de publier une cotation avec les remontées de 2 opérateurs seulement. « Aujourd’hui il ne reste plus que Loeul & Piriot dans les Deux-Sèvres, le leader, et les établissements Ribot dans le Vaucluse, qui réalisent près de 95 % des abattages » détaille Raphaël Guyet. Car l’abattage de chevreau est particulier, réalisé souvent dans des outils agréés pour la volaille. « Les chevreaux font moins de 12 kg, ce n’est pas le même équipement que pour les abattoirs agréés ovins, il faut du matériel de contention spécifique », pointe le directeur.
« L’activité lapin lisse le chevreau »
« Les deux derniers acteurs majeurs de la filière travaillent aussi le lapin, car faire seulement du chevreau, très saisonnier, n’est pas gérable pour l’amortissement économique de nos outils » précise Matthieu Loeul de Loeul et Piriot. L’entreprise, qui abat 75 à 80 % des chevreaux français dispose de chaînes distinctes pour le lapin et le chevreau, « mais l’activité lapin lisse le chevreau, et la main-d’œuvre peut travailler sur les deux chaînes, de même que l’amortissement des camions, avec des conteneurs différents ».
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Les engraisseurs de chevreaux perdent une référence
La majeure partie des chevreaux sont vendus par les éleveurs laitiers caprins à une vingtaine d’engraisseurs spécialisés, qui élèvent 2 000 à 20 000 animaux sur leur exploitation pendant 4 à 5 semaines, avant de les vendre à l’abattoir. La cotation nationale du chevreau vif était le reflet de ce prix départ élevage, vers l’abattoir.
« Nous espérons qu’un troisième interlocuteur permette de reprendre cette cotation, nous avons la volonté de continuer la transparence »
« Depuis le Covid, les éleveurs laitiers vendent leurs chevreaux aux engraisseurs à des prix dérisoires, de l’ordre de 1 à 3 €, pas sur cette cotation. Son arrêt pénalise les engraisseurs, mais aussi les 15 à 20 % d’éleveurs laitiers qui engraissent à la ferme », précise Raphaël Guyet. Certains opérateurs qui abattent des faibles volumes en caprins pourraient monter en puissance, « la section caprine d’Interbev est motivée pour retrouver les moyens d’établir une cotation », avance le directeur. « Nous espérons qu’un troisième interlocuteur permette de reprendre cette cotation, nous avons la volonté de continuer la transparence, nous sommes ouverts tant que c’est un acteur référent de la filière, qui abat régulièrement », explique Matthieu Loeul.
Une filière face au manque d’abattoirs
L’unité d’engraissement Cabri Production, qui alimentait Palmid’Or a été reprise par Loeul & Piriot, pour les éleveurs naisseurs, il y a donc le maintien d’un débouché. « Mais pour les éleveurs qui engraissent à la ferme, dans l’Est, le Nord, en Bourgogne-Franche-Comté et qui s’organisaient en commun pour amener les animaux n’ont plus d’abattoirs à proximité » s’inquiète Raphaël Guyet.
« Nous sommes en train de trouver des solutions pour la mise en place d’un point de collecte ».
L’abattage à la ferme est très peu répandu, car peu rentable économiquement, très coûteux en temps du fait de la réglementation contraignante. Néanmoins Matthieu Loeul rassure « nous sommes en train de trouver des solutions pour la mise en place d’un point de collecte pour les éleveurs qui engraissent à la ferme, pour ensuite transporter les chevreaux dans nos outils ».
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Des abattages de chevreaux qui tendent à baisser
455 400 chevreaux ont été abattus en 2025, selon les données de l’Idele. C’est 4 % de moins qu’en 2024. Une baisse qui peut s’expliquer par la FCO mais aussi par des lactations plus longues. 53 % des abattages de chevreaux étaient concentrés en mars et avril, autour de Pâques. Le second temps de consommation est au mois de décembre lors des fêtes de fin d’année et ce mois regroupait 12 % des abattages de 2025. Mais la consommation française de viande caprine demeure limitée. « 20 % de notre production est destinée au marché français, pour Noël et Pâques, ainsi que lors de mises en avant. Mais c’est difficile d’être présent en fond de rayon, en boucherie, avec une production très saisonnière », reconnaît Matthieu Loeul. 80 % de la production de chevreau de l’entreprise est exportée.
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Le premier débouché de la France reste, de loin, le Portugal, malgré une baisse de 9 % des envois l’an dernier. Suivent l’Italie, l’Espagne et la Suisse. « A près de 21 millions d’euros, le chiffre d’affaires à l’export de la viande caprine progresse régulièrement sous l’effet de la hausse des volumes et de l’inflation », écrit l’Idele dans son bilan annuel de la filière caprine.