Equarrissage
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire
La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles Cogny, Directeur Général d’Akiolis, qui gère des activités d’équarrissage et de collecte des sous-produits animaux, fait le point de la situation pour Les Marchés. L’usine de St-Langis-Lès-Mortagne, dans l’Orne, traite des volumes en provenance de la Normandie et des Pays de la Loire, régions très touchées par les températures anormales.
La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles Cogny, Directeur Général d’Akiolis, qui gère des activités d’équarrissage et de collecte des sous-produits animaux, fait le point de la situation pour Les Marchés. L’usine de St-Langis-Lès-Mortagne, dans l’Orne, traite des volumes en provenance de la Normandie et des Pays de la Loire, régions très touchées par les températures anormales.
Les Marchés : Comment ont évolué les demandes durant cette vague de chaleur ?
Gilles Cogny : Il y a une vague de mortalité anormale. On constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45% en bovins. Sur la seule journée du 22 juin, en 2025 on nous avait demandé l’enlèvement de 8 tonnes de volailles, cette année 104 tonnes de volailles pour l’usine de St-Langis-Lès-Mortagne, dans l’Orne. Le 23 juin, nous sommes arrivés à 500 tonnes (22 l’an dernier). Les volailles sont très touchées, parfois c’est tout l’élevage qui est perdu à cause d’un problème technique, une panne d’électricité, de ventilation ou un incendie. En porcs, on a de demandes en hausse de 200 % à 400 % selon les jours. Seuls les caprins et les chevaux résistent.
C’est moins marqué sur notre site de Vénérolles dans le Nord-Est et celui du Passage d’Agen dans le Sud-Est.
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LM : Comment suit l’usine de St-Langis-Lès-Mortagne ?
G. C. : Nous sommes saturés. Nous recevons plus de demande en une journée pour la mortalité liée au coup de chaleur que ce que nous traitons au total habituellement, en comptant les sous-produits des abattoirs. De plus, la forte quantité de volaille déséquilibre notre cadence. En effet, en temps normal un cuiseur traite 9 tonnes/heure, quand les proportions entre le bœuf, le porc, la volaille sont respectés. Mais avec plus de 20 % de volailles comme actuellement, on ne traite plus que 3 ou 4 tonnes à l’heure. C’est pourquoi nous demandons l’enfouissement des volailles sur le lieu d’exploitation, pour protéger les cadences. Il faut néanmoins que l’éleveur obtienne, pour son site, l’avis d’un hydrogéologue, ce qui est un bon système en soi, mais qui aurait pu être anticipé ; on avait le temps cet hiver… S’il a un avis négatif, on a perdu trois jours.
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LM : Votre usine fonctionne correctement malgré les températures ?
G. C. : Oui, techniquement, il n’y a pas de problèmes mécaniques pour les cuiseurs. Il y a une vraie difficulté pour nos salariés, nous ménageons des temps de pause en salle climatisée, de l’eau… les hommes sont là, mais les machines saturent.
LM : Comment anticiper ces surcharges en temps de canicule ?
G. C. : Ce n’est pas à l’équarrissage de s’adapter aux vagues de chaleur, car on n’élève pas des animaux pour ça ! On améliore techniquement nos cuiseurs, mais ce n’est pas le but. Depuis deux ou trois ans, on a des périodes de chaleur ponctuelles, avec des mortalités brutales. Il faut penser différemment les modes d’élevage. S’inspirer des pratiques du Sud de l’Espagne et de l’Italie. Par exemple décharger un peu les poulaillers en saison estivale, avec une bande à 50 000 au lieu de 60 000. Si les animaux ont plus de place, ils ont plus de confort. Pour les bovins, il y a des morts de déshydratation. En porc, c’est lié à des problèmes techniques dans les bâtiments. Je sais que les éleveurs sont très durement touchés, mais pourront-ils investir ?
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LM : À quoi s’attendre sur les prochains jours ?
G. C. : On devrait voir s’arrêter les demandes massives dimanche ou lundi. Certes, les températures vont baisser avant ; mais la mortalité tient compte de l’état de fatigue. Un animal éprouvé par quatre jours à 40°C ne tiendra pas forcément à 30°C le cinquième. On s’attend à une activité plus classique mardi ou mercredi.