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L’avis d’une société de la viande
Bouchers Services : « Nos salariés sont nos meilleurs ambassadeurs »

Anne-Sophie Tyli Robin, directeur général de Bouchers Services.
© DR

Les Marchés Hebdo : Bouchers Services, leader du travail à façon de la viande, a 700 CDI à pourvoir pour atteindre 2 000 salariés. Comment séduisez-vous des salariés dans un secteur peu attractif et des métiers peu connus ?

Anne-Sophie Tyli Robin : Nos salariés, 1 300 personnes sur une cinquantaine de sites, sont nos meilleurs ambassadeurs. Ils vont parler autour d’eux de leur passion pour leur travail manuel, du contact avec la matière noble qu’est la viande. Avec le deuxième avantage qu’un jeune, arrivant par une connaissance, va se sentir tenu par un certain engagement moral. Il y a un sentiment d’appartenance à l’entreprise. Nous sommes une petite structure avec un fonctionnement familial. Notre encadrement et notre matériel sont sur place ; je suis moi-même toutes les semaines sur le terrain.

LMH : Bouchers Services déclare offrir une formation personnalisée de six à huit mois aux nouveaux arrivants et un contrat de professionnalisation. Puis après deux ans d’ancienneté, le salarié pourra poursuivre jusqu’à un contrat de qualification professionnelle. Il n’y a pas plus rapide ?

A.-S. T. R. : Cette formation est incontournable pour Bouchers Services. Depuis quarante ans d’existence, sans formation initiale pour la boucherie industrielle, nous avons développé notre propre système d’alternance. La montée dans les équipes est progressive. Nous ne voulons pas aller vite, nous voulons établir des fondations solides.

LMH : Les nouveaux venus ne craignent-ils pas de rester enfermés dans le secteur de la viande ?

A.-S. T. R. : Quand on intègre une nouvelle personne, on lui explique qu’on ne lui offre pas un travail, mais qu’on va lui apprendre un métier. Qu’il y a derrière toutes sortes d’autres formations qui ouvrent aux métiers de bouche et dans l’agroalimentaire. Que l’on va construire une partie de notre vie ensemble. Je soutiens la formation professionnelle, parce que chacun va changer plusieurs fois de métier en quarante ans de carrière. Si notre salarié veut se former et rester chez nous, on va l’accompagner ; s’il veut s’orienter transversalement, on va l’accompagner aussi.

LMH : La rémunération constatée de 35 % en moyenne au-dessus du Smic au bout de deux ans ; une base fixe, une partie indexée sur le volume. Ceci attire-t-il des profils particuliers ?

A.-S. T. R. : Avec nos clients, c’est gagnant-gagnant. On est deux à satisfaire le client : Bouchers Services et le salarié. Plus on travaille, plus on facture, plus on gagne. Le salarié doit gagner plus lui aussi. On attire les gens qui veulent cette reconnaissance.

Propos recueillis par Sylvie Carriat

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