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Bioentreprisedurable : trois dirigeants témoignent

Angel Rodriguez (Bioplants), Maria Pelletier (Moulin Marion) et Christophe Audouin (Les 2 Vaches) au séminaire RSE du Synabio le 21 juin 2017.
© DR

Le Synabio a organisé le 21 juin dernier un séminaire sur le thème de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Les trois dirigeants des sociétés Les 2 Vaches, Bioplants et Moulin Marion sont venus témoigner des démarches entreprises au sein de leur organisation pour parvenir à être labellisé Bioentreprisedurable.

Lancée en 2009 par le Syndicat des transformateurs bio, elle permet aux adhérents du Synabio de formaliser, déployer leur stratégie RSE et structurer leurs engagements. L’enjeu pour les entreprises de l'agriculture bio est de reprendre en main un sujet qui semble leur échapper. C’est en tout cas le constat que les acteurs présents ont fait. « C’est la première fois au Synabio que nous organisons un séminaire RSE. Il est important de comprendre que les entreprises de l'agriculture bio sont précurseurs dans ce domaine. Mais leurs démarches ne sont pas explicites. Nous avons besoin de réaliser des rapports, de mesurer et de communiquer pour les rendre explicites », a indiqué Manuel Brunet, président du groupe RSE du Synabio et directeur d’Arcadie.

Créer de la valeur

À ceux qui pensent que la RSE coûte cher, les trois dirigeants, Maria Pelletier (Moulin Marion), Christophe Audouin (Les 2 Vaches) et Angel Rodriguez (Bioplants), ont répondu de concert qu’elle était davantage créatrice de valeur. « La RSE permet de trouver des leviers de négociations. Cela nous permet de nous différencier auprès des distributeurs et des consommateurs », estime Angel Rodriguez.

La RSE permet de trouver des leviers de négociations

Pour Christophe Audouin, la RSE « rapporte énormément, et cela bouleverse complètement le positionnement de l’entreprise sur son marché ». En 2015, raconte le dirigeant des 2 Vaches, les équipes se sont remises en question sur leur façon d’aborder la RSE dans leur organisation. « Face à notre concurrent Triballat, qui est solide, très solide, nous n’étions pas certains que ce que nous disions, nous le faisions réellement, avoue-t-il, nous nous sommes demandé si ce que nous étions en train de raconter n’était pas juste du marketing. » « La démarche Bioentreprisedurable a été un premier guidage pour nous, et nous a permis d’avoir une méthodologie », précise Christophe Audouin.

Communiquer

Les entreprises présentes voient également dans cette démarche RSE un moyen de communiquer avec l’ensemble des parties prenantes, clients, fournisseurs, consommateurs, sur les bonnes pratiques mises en place. La RSE « nous permet d’avoir un langage commun avec nos partenaires du bio, d’être crédibles et reconnus et de répondre aux exigences RSE de nos clients, nos consommateurs et nos institutions », estime Maria Pelletier. « Pour des entreprises qui n’ont pas le temps, ni les moyens de communiquer, le référentiel Bioentreprisedurable nous aide », précise-t-elle.

L’impulsion doit venir du dirigeant. « Le projet doit être porté par le leader de l’entreprise. Il doit être un transmetteur », insiste Angel Rodriguez, même si le responsable qualité est souvent partie prenante.

La démarche en bref

Lancée en 2009 par le Synabio, la démarche Bioentreprisedurable permet aux entreprises de l'agriculture biologique d’être labellisées RSE. Si le syndicat est propriétaire de la démarche, les sociétés sont certifiées par les deux organismes indépendants : Ecocert et Bureau Veritas. La démarche inclut des critères RSE « précis, objectifs et mesurables ». Ceux-ci sont structurés autour des questions centrales de la norme Iso 26000 et portent en même temps les fortes spécificités des entreprises en bio. Actuellement, vingt entreprises sont labellisées Bioentreprisedurable. « Une dizaine d’autres sont en train de préparer leur audit », indique Louise Browaeys, la responsable RSE du Synabio. Ces entreprises continuent à être auditées tous les ans dans un objectif de progrès.

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