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Pourquoi les prix des pommes de terre industrie ont-ils tant plongé cet été ?

Les volumes de pomme de terre primeurs pour l’industrie qui ne sont pas contractualisés ne trouvent actuellement pas preneurs, en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. En cause, une offre très abondante alors que la demande en produits de pomme de terre marque le pas à l’export. Les prix spot de la pomme de terre ne sont même plus publiés.

Chargement d'un camion de pomme de terre. Acheminement sur un tapis.
L'offre de pommes de terre en UE a progressé beaucoup plus vite que la demande
© V. Marmuse / CAIA

Mis à jour au 28 août 2025 avec communiqué prévisions de l'UNPT

La cotation Belgapom, référence belge pour la pomme de terre primeur pour l’industrie et la surgélation s’affichait à seulement 15 €/tonne début août, des prix qui ne couvrent même pas les coûts de récolte. La cotation est depuis interrompue, aucun prix n’a été publié en semaines 34 et 35. La France et l’Allemagne ont aussi incoté leurs références spot sur les pommes de terre industrie. Les prix avaient déjà chuté sur l'ancienne récolte au printemps dernier. 

Lire aussi : Chips : la France n’en produit pas suffisamment  

Les pommes de terre primeurs pour l’industrie sont récoltées depuis le début du mois d’août et doivent être transformées immédiatement puisqu’elles ne peuvent être stockées. 60 à 70 % des volumes récoltés dans le Nord de l’Europe sont contractualisés, à des prix qui couvrent les prix de production puisque ces contrats ont été négociés l’an dernier, où l’offre manquait. 

Des industriels de la pomme de terre saturés

Ce sont les prix spot des pommes de terre industrie qui plongent, avec des industriels qui se disent saturés et ne peuvent assurer toute la transformation. Certes, la demande est attendue au rendez-vous ces prochaines années, alors que les projets de construction d’usines se sont multipliés. Mais la production semble avoir cru trop vite. 

Forte hausse des surfaces de pomme de terre en France

En France, sur les deux dernières campagnes, la hausse des surfaces atteint déjà près de 20 000 ha, « À ce rythme, l’offre risque de dépasser la demande, le temps que les usines se construisent », s’inquiétait en début d’été Alain Dequeker, producteur dans le Nord et secrétaire général de l’UNPT auprès de nos confrères de Réussir Grandes Cultures

L'UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) s'attend à un niveau de production 2025 de pommes de terre en France inédit depuis plus de dix ans, soit 8,5 Mt, en hausse de 900 000 t par rapport à l'an dernier, selon un communiqué du 28 août. Si les rendements décrochent légèrement par rapport à 2024, de 5 % (à 43 t/ha en moyenne), la hausse des surfaces justifient la progression annuelle des volumes, rappelle le syndicat. Elles s'élèvent à 197 000 ha, en hausse de 25 % par rapport à 2023. Les récoltes n'étant pas totalement achevées, les prévisions sont susceptibles de s'affiner dans les semaines à venir.

Même hausse en Europe du Nord

En Allemagne, la 301 000 ha étaient destinés cette année à la culture de pommes de terre ; c’est 19 000 ha de plus que l’an dernier. Au total, sur l’ensemble France, Allemagne, Pays-Bas et Belgique, ce sont 50 000 ha de plus que l’an passé qui ont été plantés en pomme de terre. C’est ce qui était prévu comme superficie nécessaire en 2035.

 Au total, sur l’ensemble France, Allemagne, Pays-Bas et Belgique, ce sont 50 000 ha de plus que l’an passé qui ont été plantés en pomme de terre.  

Une demande de l’industrie de la pomme de terre en baisse

Par ailleurs, le Boerenbond, syndicat agricole belge, rapporte une baisse de 500 000 tonnes de la demande de pommes de terre pour la transformation. En cause, le développement de la culture de pomme de terre en Inde et en Chine, deux destinations importatrices de produits de pomme de terre, ainsi que la guerre commerciale de Donald Trump, avec des droits de douane qui vont pénaliser nos envois outre-Atlantique. En cause aussi, selon le Brussels Times, la force de l’euro qui plombe les exportations communautaires. 

Une partie des surplus est destinée à la méthanisation et l’alimentation animale. Les pommes de terre primeurs ne sont qu’un segment du marché, le reste sera récolté à partir de septembre et peut se conserver jusqu’au printemps. 

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