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Inflation alimentaire : les 6 chiffres à retenir de 2022

FranceAgriMer a mené une étude sur l’inflation en 2022. Quels sont les produits alimentaires les plus touchés, quels effets sur la consommation et les arbitrages ? Qui est la première victime de l’inflation ? Synthèse.

ticket de caisse
L'inflation alimentaire atteint un niveau jamais vu ces dernières décennies, quelles sont les conséquences sur les tendances de consommation ?
© Virginie Pinson

Dans les esprits, c’est l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui signe le début de l’inflation des prix alimentaires, mais des signes avant-coureur apparaissent sur les prix de détail dès octobre 2021, rappelle FranceAgriMer, dans le sillage des perturbations liées au Covid.

+12 % : c’est la hausse des prix alimentaires au dernier trimestre 2022

Dans les premiers mois qui ont suivi la guerre en Ukraine, la hausse des prix alimentaires est moins prononcée que celles des prix à la consommation. La tendance se renverse ensuite, au dernier trimestre, l’inflation alimentaire atteint +12 % contre +6 % pour l’indice des prix à la consommation. Les prix alimentaires ont aussi monté moins vite et moins haut que chez nos voisins, mais à la fin 2022 la France a presque rejoint le niveau moyen de la zone euro, puis elle le dépasse en avril 2023.

 

En mars 2023, l’inflation alimentaire atteint 15,9 % selon l’Insee, les précédents records étaient de 6,4 % en juillet 2008 et 6,5 % en juillet 2001.

+59 % c’est la hausse de prix des huiles

La hausse de prix sur un an atteint +59 % pour les huiles alimentaires, c’est la plus forte en rayon, mais on relève aussi +26 % pour les farines, +20 ù pour les pates et +23 % pour le sucre. Du côté des produits d’élevage, FranceAgriMer pointe les hausses de la volaille (+18 %) et des produits laitiers (+17 %).

-2,2 % : C’est la baisse des volumes vendus de PGC FLS

Les ventes de produits de grande consommation et frais libre-service (PGC FLS) ont reculé de 2,2 % en volume en 2022 par rapport à 2021, selon Circana, de 1,2 % selon Nielsen. D’après les données de l’Insee, les achats en volume des ménages en bien alimentaires hors tabac reculerait même de 9 % en décembre sur un an. Niveau dépenses, en revanche, Kantar note une hausse de 10 % par rapport à 2019.

-2,6 % : C’est la baisse des dépenses en produits frais traditionnels

En 2022, les ménages ont dépensé 2,6 % de moins qu’en 2021 pour les produits frais traditionnels, malgré la hausse des prix, reflet d’une chute de 5,4 % des volumes. A l’inverse, les produits de grande consommation ont vu les dépenses progresser de 3,4 % pour une hausse moyenne des volumes de 0,1 %. L’épicerie salée, la charcuterie libre-service maintiennent notamment leurs volumes, tout comme les fromages libre-service. Le surgelé perd du terrain par rapport à la période Covid où il était plébiscité mais reste supérieur aux niveaux d’avant la pandémie. Pour les produits frais traditionnels en revanche FranceAgriMer cite les chiffres de Kantar avec des baisses entre 2021 et 2022 de 3 % sur le rayon fruits, 6 % sur les légumes, 6 % sur les viandes, 7 % sur la volaille, 5 % sur la charcuterie à la coupe, 10 % sur les fromages à la coupe et même 13 % sur la poissonnerie. Ce sont surtout les jeunes et les ménages modestes qui se sont détournés des produits frais traditionnels. FranceAgriMer alerte sur l’avenir des rayons à poids variables, délaissés par les ménages les moins aisés et par les jeunes. Les plus de 65 ans comptent pour 47 % des achats des charcuteries à la coupe, 43 % du rayon traiteur, 42 % pour la poissonnerie et 41 % pour le fromage.  

+7 à +12 % c’est la hausse des ventes des marques de premiers prix

Les volumes de produits alimentaires premiers prix auraient bondi de 7 % (selon Circana) à 12 % (selon Nielsen). Comme leurs prix ont aussi beaucoup augmenté, la valeur affiche une croissance de +21 % (Circana) à +25 % (Nielsen). Le nombre de références premier prix a augmenté de 12 % aux dépens des autres.

-7,8 % : c’est la baisse des volumes bio en 2022

Si les produits locaux limitent la casse (-1,5 %  en volume), tout comme les marques de TPE (+0,6 %), le bio affiche une chute de 7,8 % des volumes vendus entre 2021 et 2022, contre -2,2 % pour le total PGC-FLS. Le bio recule dans toutes les catégories.

 

 

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