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Eco-Score : où en est-on ?

L’Eco-Score, qui mesure l’impact environnemental des produits, est encore en construction, mais déjà affichable grâce aux bases de données et moyens techniques. Cela s’est discuté à une table ronde du développeur de logiciels Keendoo.

Les participants à la table ronde d'Agrovif 2023 sur l'affichage environnemental (de gauche à droite) : Pierre Christen, Jean-Baptiste Lefebvre (Keendoo), Nathalie Clouet-Julia (branche lait d’Eurial), Louise Forteau (O2M Group),  Bertrand Vignon (Keendoo), Vincent Colomb (Ademe), Christian Capasso (Sodiaal).
Les participants à la table ronde d'Agrovif 2023 sur l'affichage environnemental (de gauche à droite) : Pierre Christen, Jean-Baptiste Lefebvre (Keendoo), Nathalie Clouet-Julia (branche lait d’Eurial), Louise Forteau (O2M Group), Bertrand Vignon (Keendoo), Vincent Colomb (Ademe), Christian Capasso (Sodiaal).
© Agrovif 2023

La conférence d’Agrovif sur l’actualité de l’affichage environnemental des produits, en juin dernier, avait attiré le public souhaité. Dans l’heure qui précédait l’arrivée sur le plateau de Vincent Colomb, coordinateur affichage environnemental à l’Ademe, Bertrand Vignon, battait le rappel. Le fondateur de la société Vif et directeur de Keendoo, éditeur de logiciels PLM (Product lifecycle management), voulait qu’un maximum de décideurs de l’agroalimentaire soient au courant de l’enjeu : d’un côté selon lui l’Eco-Score, un projet d’affichage environnemental public, transparent, abordable financièrement ; de l’autre, le Planet-Score, initiative privée dont les algorithmes échapperont aux opérateurs et consommateurs et qui représentera une contrainte de coût.  

Vincent Colomb, de l’Ademe, a annoncé qu’un nouveau format d’affichage Eco-Score, s’appuyant sur l’Analyse de cycle de vie (ACV) des produits, serait proposé dans le courant de l’été. Pour autant, tous les paramètres envisagés ne sont pas encore pris en compte. Le coordinateur a présenté « 3 niveaux de coût et de précision croissante » d’intégration des paramètres, devant se développer en deux temps :

-           paramètres de niveau 1 : recette, origine des ingrédients, labels, emballage. L’Ademe invite les industriels de l’alimentaire à découvrir dès maintenant l’outil d’évaluation Ecobalyse ;

-           paramètres de niveau 2, spécifiques aux filières, et permettant de mesurer plus finement les impacts négatifs et externalité positives sur l’environnement. Exemple : le taux de chargement en élevage bovin pourrait être un critère. Ces paramètres pourraient être intégrés dès 2024-2025 ;

-           paramètres de niveau 3 : ceux-ci pourraient être établis sur la base d’analyses spécifiques, de marques, de filières, etc. Également envisagés pour 2024-2025.

L’expert a estimé que des éléments sont aujourd’hui bien pris en compte dans les ACV, comme le chauffage, la fertilisation, le carburant, la déforestation, la pression globale sur les terres, les déjections et le méthane entérique, l’irrigation, le transport, l’emballage, la transformation agroalimentaire ; et que d’autres éléments sont mal pris en compte, comme les haies, les prairies, les rotations culturales, l’impact des pesticides, le plastique. A quoi mesurera-t-on la réussite de l’affichage environnemental en France ? Selon Vincent Colomb, ce sera :

  • la possibilité de massification ;
  • la mise en œuvre abordable dans tous les rayons ;
  • sa contribution à un étiquetage harmonisé en Europe, dans la lignée du projet de directive « Green Claim » de la Commission européenne (mars 2023) ;
  • la lutte contre le green washing.

A la table ronde, Nathalie Clouet-Julia, directrice RSE d’Eurial, s’est dite « persuadée que cette démarche permet de faire progresser les équipes ». Elle a admis que la contribution des éleveurs laitiers représenterait « un gros travail opérationnel ». La branche lait de la coopérative Agrial compte valoriser certaines pratiques agricoles à travers l’Eco-Score sur des marques propres ou de distributeur. Christian Capasso, chef de projet SI à la coopérative Sodiaal, a informé que l’affichage environnemental venait se greffer sur un projet de données produits sous la marque Yoplait, visant à harmoniser ces données, à les sécuriser et les rendre plus fiables. Il tient pour essentielle la vision des équipes de terrain pour les données environnementales, et que cela demandait des ressources humaines et financières. Les projets d’affichage de Sodiaal et de Yoplait sont en phase pilote sur le module PIM (Product information management), a-t-on appris. « Les petites entreprises pourraient prendre du retard par rapport aux groupes », a appréhendé Louise Forteau, du cabinet spécialisé dans l’impact environnemental O2M.

Deux solutions techniques

Le cabinet O2M a travaillé avec Keendoo pour mettre au point un outil complet de mesure de l’Eco-Score et d’écoconception des produits. Cet outil permet à O2M de proposer un accompagnement complet aux entreprises qui n’entreprendront pas seules le chantier d’affichage environnemental. Keendoo propose de son côté un module de calcul sur PLM à intégrer.

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