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Guerre au Moyen-Orient : qui veut rouvrir les négociations commerciales ?

Hausse des coûts de production dans la foulée de la flambée du GNR pour les agriculteurs, hausse des coûts pour les entreprises alimentaires qui supportent l’inflation du transport et des prix des emballages, la guerre au Moyen-Orient fragilise l’agroalimentaire français. De quoi rouvrir les négociations commerciales ? Si le ministre l’a évoqué, les distributeurs semblent peu enthousiastes. 

Signature sur le contrat professionnel
Le 14 avril, lors de son audition par le Sénat, le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a estimé qu’il allait « falloir sans doute rouvrir » les négociations commerciales
© Généré par IA

Edit au 20/04 avec mention Ania et CLA

C’est la coopération laitière qui a pris les devants le 9 avril dernier, en appelant la première à une réouverture des négociations commerciales. « L’augmentation d’environ 50 c€/L du prix du GNR représente +11,5 € par 1 000 L de lait », calcule le représentant des coopératives laitières, précisant « pris isolément, ce poste semble limité, mais combiné à la volatilité des prix de l’énergie et des engrais, il fragilise la trésorerie des exploitations ».

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : quelles conséquences pour la filière laitière ? 

 Une tension qui entraîne aussi des conséquences sur les transformateurs, confrontés à la hausse de l’énergie, du transport, mais aussi à la fermeture de certains de leurs débouchés export

Lire aussi : Négociations commerciales : la matière première agricole « ne semble pas sanctuarisée » 

Les PME alimentaires plombées par la hausse des prix des emballages

Ce 16 avril, c’est Pact’Alim qui renchérit. Le syndicat de 3 000 PME et ETI de l’alimentation constate la guerre au Moyen-Orient a débuté au moment même où se concluaient les négociations commerciales et « n’a donc pas pu être intégrée dans les accords récemment conclus ». Car les PME et ETI souffrent du conflit, notamment sur les emballages, qui représentent « en temps normal entre 10 et 20% de leur prix de revient » précisent Pact’Alim. Le syndicat alerte des hausses de prix de 15 à plus de 30 % sur les emballages plastiques, selon les catégories. Les emballages métalliques augmentent quant à eux de 10 à 20 %. À cela s’ajoutent les hausses des coûts du transport maritime et routier.

Lire aussi : Négociations commerciales : « Ce qui est transformé en France, issu de l’agriculture française, doit être négocié en France ! »

Serge Papin évoque la réouverture des négociations commerciales

Le 14 avril, lors de son audition par le Sénat, le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a estimé qu’il allait « falloir sans doute rouvrir » les négociations commerciales entre les supermarchés et leurs fournisseurs agroalimentaires, au regard de « l’inflation » qu’entraînera selon lui, l’envol des prix des carburants, relève l’AFP. Interrogé le lendemain sur BFMTV/RMC, Michel-Edouard Leclerc a fermé la porte à cette idée, estimant notamment s’être « fait avoir » lors des renégociations survenues en 2022 avec la guerre en Ukraine.

Intégrer les surcoûts aux contrats MDD

Pour Pact’Alim comme pour la coopération laitière, au-delà de la réouverture des négociations commerciales, les contrats de fabrication de produits à marque de distributeur (MDD) doivent aussi prendre en compte la nouvelle donne économique. 

Ania et LCA veulent réunir en urgence un comité de suivi

Dans deux communiqués distincts, l’Ania (industriels de l’agroalimentaire) et la Coopération agricole (CLA) ont lancé un appel le 17 avril pour qu’un comité de suivi des négociations commerciales soit réuni en urgence par le ministre des PME Serge Papin, relaie Agra Presse. L’Ania appelle aussi les distributeurs « à entendre (…) les besoins que leur feraient remonter les entreprises agroalimentaires dans les semaines à venir dans le cadre de demandes de négociations individuelles. » Selon elle, « sept entreprises sur dix déclarent avoir subi une hausse significative du coût de leurs emballages » et « près d’une entreprise sur deux déclarent faire face à une hausse significative des factures de transport et de carburant. » 

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