Egalim dans les cantines : « le principal atout du commerce équitable réside dans son surcoût limité »
Les exigences de la loi Egalim sont souvent difficilement compatibles aux contraintes budgétaires des approvisionnements en restauration scolaire. Le commerce équitable, éligible aux critères de durabilité, se positionne comme un label plus accessible pour renforcer la durabilité des repas des cantines scolaires.
Les exigences de la loi Egalim sont souvent difficilement compatibles aux contraintes budgétaires des approvisionnements en restauration scolaire. Le commerce équitable, éligible aux critères de durabilité, se positionne comme un label plus accessible pour renforcer la durabilité des repas des cantines scolaires.
« Le scolaire, c’est là où tout démarre pour l’éducation au goût et aux habitudes alimentaires ! », rappelle Laurent Froget, chef de marché référent alimentation durable chez Sysco lors d’une table ronde sur le commerce équitable. Il juge que « les choix d’achats publics et les repas servis chaque jour à des millions d’enfants et de jeunes adultes dans les cantines constituent un puissant levier de transformation des modèles alimentaires ».
Depuis 2022, la loi impose aux collectivités d’intégrer 50 % de produits durables et de qualité dans les menus. Mais derrière cet objectif, la réalité reste contrastée. En 2024, seules 29,5 % des collectivités ayant déclaré leurs achats ont atteint ce seuil. « Les freins sont connus, ce sont le coût, le manque de volumes et une offre encore insuffisamment diversifiée » selon Yann Nieul, Directeur Andros Foodservice France lors d’une conférence d’Agriéthique au salon de l’Agriculture.
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La Drôme, exemplaire sur les cantines et Egalim
Dans la Drôme, le coût matière d’un repas ne doit pas dépasser 2,30 € pour un prix de vente autour de 3,95 €. Un défi quotidien pour les acheteurs publics comme pour les fournisseurs qui doivent respecter la loi Egalim.
Pour réduire ces contraintes, le département de la Drôme s’est investi pour mieux structurer ses approvisionnements. La collectivité intègre désormais explicitement des critères liés au commerce équitable dans ses nouveaux marchés. Elle a également aidé au développement du réseau Agrilocal, une plateforme facilitant l’accès des producteurs locaux aux marchés publics. Le département a, en parallèle, cherché des économies par la végétalisation des menus et la lutte contre le gaspillage.
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Le commerce équitable, levier pour répondre aux exigences Egalim
Pour le grossiste alimentaire Sysco, le commerce équitable apparaît comme une solution compétitive pour répondre aux exigences de la loi Egalim. « Beaucoup de clients ne savent pas que le commerce équitable entre dans les 50 % de produits durables », souligne Laurent Froget.
« le principal atout du commerce équitable réside dans son surcoût limité, avec une augmentation de 5 à 7 % seulement par rapport au conventionnel»
Ce dernier explique que « le principal atout du commerce équitable réside dans son surcoût limité, avec une augmentation de 5 à 7 % seulement par rapport au conventionnel, contre 20 % pour le Label HVE, jusqu’à 30 % pour Bleu-Blanc-Cœur sur les produits carnés et jusqu’à 70 à 80 % pour le bio. »
Laurent Forget de Sysco insiste lors de la table ronde, les fournisseurs doivent s’engager à distribuer des produits durables et à intégrer ces critères dans le processus de renouvellement des contrats. L’entreprise encourage par ailleurs ses partenaires à se labelliser commerce équitable, pour poursuivre une collaboration de longue durée.