Aller au contenu principal

Cacao : les cours mondiaux chutent de plus de 60 % en un an et atteignent le plus bas niveau depuis 2022

Le prix du cacao est descendu à 4 000 dollars la tonne en janvier 2026. Une chute encore invisible en rayon, tandis que les industriels ont du mal à écouler leurs stocks de chocolat fabriqués avec du cacao acheté à des prix records.

Les cours du cacao ont chuté à plusieurs reprises à Londres et à New York en janvier 2026.
La demande en berne en cacao affecte les exportations des producteurs ivoiriens.
© Tetiana Bykovets

Depuis le début de l’année 2026, les cours mondiaux du cacao dégringolent. Ce jeudi 29 janvier, le cacao s’échangeait autour de 3 783 dollars la tonne à Londres et 4 150 $/t à New York, enregistrant des replis respectifs de 35 % et 33 % sur un mois, et de 69 % et 64 % sur un an. Les contrats à terme sur le cacao ont ainsi atteint leur plus bas niveau depuis deux ans.

Un changement de ton sur le marché, qui intervient après une année 2024 record où le prix du cacao avait dépassé 12 000 euros la tonne. Sur l’ensemble de l’année 2024, le prix du cacao avait progressé de 178 % à la Bourse de New York et de 158 % à celle de Londres. 

La production mondiale de cacao est plus importante que prévu, favorisée par de bonnes conditions climatiques ainsi que le ralentissement de consommation mondiale dans un contexte de prix élevés qui pèsent sur la demande.

Les consommateurs en Occident boudent le chocolat 

Depuis le milieu d’année 2025, la baisse du cours du cacao est régulière. Pourtant, cette détente ne se reflète pas encore en rayon. En France, ceux-ci demeurent à des niveaux historiquement élevés pour la majorité des marques. Les produits vendus actuellement ont été fabriqués avec du cacao très onéreux. De plus, les chocolatiers n’avaient pas entièrement pu répercuter la hausse des cours.

Lire aussi : « Le vrai chocolat coûtera significativement plus cher »

Des volumes de ventes en baisse pour les industriels du chocolat

La hausse des prix a limité la consommation en France, avec des méventes à Noël. En effet les ventes de chocolats saisonniers ont reculé de 14,5 % en volume sur les sept jours précédant Noël par rapport à 2024, puis de 9,6 % entre Noël et le Nouvel An.

Cette érosion de la demande ne se limite pas au marché français. Selon Ecofin, après trois campagnes consécutives de déficit (de 2021/2022 à 2023/2024), le marché mondial du cacao est entré dans une phase de surplus. Le renchérissement des produits finis a dissuadé les consommateurs, entraînant un recul de la demande mondiale de fèves.

Lire aussi : Consommation : coup de frein sur les repas festifs de 2025 

Les résultats du géant suisse Barry Callebaut, qui transforme environ 20% du volume mondial de cacao, confirment cette tendance. Au premier trimestre de la campagne 2025/2026 (septembre à novembre 2025), le groupe a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 6,4 %, à 3,67 milliards de francs suisses (environ 4 milliards d’euros). En revanche, ses volumes de vente ont chuté de 9,9 %. Le fabricant des glaces Magnum a également confirmé avoir vendu moins de produits à base de cacao que prévu et raison de la hausse des prix. 

Crise chez le principal fournisseur mondial de cacao 

La Côte d’ivoire, premier exportateur de cacao au monde, traverse actuellement une crise. En cause, un prix bord champ du cacao ivoirien jugé trop onéreux par rapport au cours mondial.

En 2025, le prix du cacao ivoirien avait atteint un record absolu, fixé à 2 800 francs CFA par kg (4,3 euros par kilo), soit une hausse de 56 % par rapport à 2024 selon France24. Cette revalorisation émanait d’une décision de l’État ivoirien visant à rémunérer plus justement ses producteurs. 

Cependant, cette hausse est intervenue dans un contexte de retournement brutal du marché mondial. Sur la seconde moitié de l’année 2025, les cours internationaux du cacao ont chuté d’environ un tiers, passant de 6 500 à 4 500 dollars la tonne. Ce décrochage a fortement pénalisé la compétitivité du cacao ivoirien, entraînant un net ralentissement des ventes. Résultat, de nombreux stocks de cacao s’entassent dans les hangars, par faute d’acheteurs. 

L’état Ivoirien mobilisé pour limiter les pertes des producteurs de cacao

Pour tenter de contenir la crise, l’État ivoirien a annoncé, le 20 janvier, un programme de rachat de stocks portant sur 123 000 tonnes de cacao invendues dans les zones de production. Une enveloppe de 280 milliards de francs CFA (environ 468 millions de dollars) devrait être mobilisée pour cette opération.

Toutefois, au prix minimum garanti de 2 800 FCFA/kg annoncé pour la campagne 2025/2026, certains observateurs estiment que le coût réel pourrait atteindre près de 344,4 milliards de FCFA (environ 615 millions de dollars). Par ailleurs, les coopératives soulignent que cette mesure ne concernerait qu’environ 15 % des volumes excédentaires, alors que près de 700 000 tonnes de cacao restent encore sans débouchés.

Lire aussi :Café : les exportations africaines à la rescousse du marché européen ? 

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio