Aller au contenu principal

Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux dépens de l’Europe, qui a perdu du terrain vers la première zone d’importation qu’est l’ensemble Afrique du Nord et Moyen-Orient, et au profit de l’Amérique du Sud, Brésil en tête. 

camion bétailler au port
Les exportations européennes de bovins vifs ont nettement reculé depuis 2022
© Réussir Archives

4,7 millions de bovins vivants, hors reproducteurs, ont été exportés dans le monde en 2025, sans compter les flux intra-européens. L’Union européenne était le point de départ de 500 000 d’entre eux.

Lire aussi : Viande bovine : la Rabobank prévoit une baisse de la production mais s’inquiète de la demande en 2026

Des flux mondiaux distincts de bovins vivants

L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient demeure la zone qui importe le plus de bovins vivants, avec 1,807 million de têtes en 2025. « Elle se fournit en Amérique du Sud et en Europe », précise Maximin Bonnet de l’Idele, lors d’un webinaire sur les marchés mondiaux. Parmi les autres flux qui se distinguent sur la planète, « une boucle nord-américaine, Mexique, USA et Canada, qui fonctionne en circuit fermé, et qui a été très perturbée en 2025 par la lucilie bouchère qui a limité les flux du Mexique vers les États-Unis », continue le spécialiste, avant de mentionner les envois de l’Australie, « qui se sont concentrés vers l’Indonésie et le Vietnam ». 

« L’Amérique du Sud s’est montrée très agressive sur la Turquie »

Le Brésil s’impose en Afrique du Nord et au Moyen-Orient

« Il y a une explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée depuis trois ans » constate Maximin Bonnet. Le principal moteur de cette hausse est le Brésil, qui a exporté plus d’un million de bovins l’an dernier, c’est près de 12 fois plus qu’il y a dix ans. Les chiffres donnent le tournis, les exportations de bovins vifs du Brésil vers le Liban ont été progressé de 54 % entre 2015 et 2025, elles ont été multipliées par 13 vers l’Irak. Et le pays a pris pied chez de nombreux importateurs où il n’était pas ou peu présent en 20 : la Turquie (346 000 têtes l’an dernier), l’Égypte (186 000), le Maroc (180 000), l’Arabie saoudite (51 000) ou encore l’Algérie (19 000).

Évolution des envois de bovins vivants du Brésil entre 2015 et 2025. En têtes, flux supérieurs à 1000 têtes.
 20152025
Liban50 00077 000
Jordanie27 00013 000
Irak13 000168 000
Turquie-346 000
Égypte-186 000
Maroc-180 000
Arabie saoudite-51 000
Algérie-19 000
Émirats arabes unis-1 000

La Colombie et l’Uruguay ont aussi développé leurs envois, de respectivement 68 % et 120 % en dix ans. « L’Amérique du Sud s’est montrée très agressive sur la Turquie notamment, face à une Union européenne trop chère, le Maroc aussi se tourne davantage vers ces fournisseurs » complète Maximin Bonnet. 

Lire aussi : Antibiotiques : Le Brésil pourra-t-il continuer d’exporter sa viande et volaille vers l’UE ?

Recul des exportations européennes 

Le poids de l’Europe sur les exportations de bovins vivants a en effet chuté sur la décennie écoulée, avec des envois qui ont reculé de 31 % entre 2024 et 2025.  L’Europe a perdu le marché turc, mais aussi baissé fortement au Liban, en Lybie, en Égypte, en Jordanie, en Tunisie et en Algérie. Le Maroc a néanmoins développé ses achats (multipliés par 13 en dix ans à 79 000 têtes en 2025) ainsi qu’Israël (+49 % à 142 000 têtes).  Les raisons d’une telle baisse sont à chercher du côté du manque d’offre, « et d’une bonne demande intra-européenne, qui fait que les animaux restent sur le territoire » nuance le spécialiste. Mais il ne faut pas oublier les circonstances sanitaires, la MHE, la FCO et la DNC ont limité les envois vers les pays-tiers. 

« La très forte hausse des prix en Europe a changé la donne » 

« La très forte hausse des prix en Europe a changé la donne » assène Maximin Bonnet. Chiffres à l’appui : entre 2022 et 2025, le prix moyen d’un bovin exporté d’Europe a progressé de 531 €/tête. Au départ du Brésil, il a baissé de 60 €, de Colombie de 35 € et d’Australie… de 475 €. Le Brésil fournit 55 % des bovins importés par la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient et l’Union européenne ne pèse plus que 15 %, grâce aux exportations roumaines et espagnoles. 

 

Évolution des exportations de bovins vivants (Colonnes groupées)

 

Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : plus 70 000 vaches, moutons et chèvres bloqués en mer Rouge et dans le golfe persique

Face à l’envolée des prix des bovins européens, la solution sud-américaine

« Tant que le Maroc et le Liban gardaient une forte proportion de bovins originaires d’UE, les prix étaient élevés, mais la croissance de l’origine Amérique du Sud a permis de modérer les tarifs », explique Maximin Bonnet, « ce qui permet de répondre à la demande, malgré un pouvoir d’achat limité ». 

Les plus lus

Terrains de stockage et troupeaux au Brésil
Viande bovine : la Rabobank prévoit une baisse de la production mais s’inquiète de la demande en 2026

Les prévisions de la Rabobank sont à une poursuite de la baisse de l’offre mondiale de viande bovine, et une hausse des prix…

Mamie au supermarché
7 marqueurs de l’alimentation des seniors d’aujourd’hui

Les habitudes alimentaires des Français de plus de 65 ans ou plus ont évolué avec le changement générationnel. Ces dernières…

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

Javier Prida
Œufs : Le premier quota d’ovoproduits réservé au Mercosur rempli sur le champ par une seule entreprise

La firme argentine Ovoprot a fourni en quelques jours le premier quota détaxé d’ovoproduits attribué au Mercosur dans le cadre…

Œufs : la forte mortalité en poules pondeuses inquiète les opérateurs

L’évolution des prix des œufs français, au 25 juin 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

carte de la chine avec des produits laitiers
Produits laitiers : « le secteur chinois veut aller vers des produits à plus forte valeur ajoutée, en concurrence avec les importations »

Le déséquilibre sur le marché du lait en Chine se traduit sur les entreprises agricoles du pays, mais aussi sur les échanges.…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio