Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »
Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux dépens de l’Europe, qui a perdu du terrain vers la première zone d’importation qu’est l’ensemble Afrique du Nord et Moyen-Orient, et au profit de l’Amérique du Sud, Brésil en tête.
Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux dépens de l’Europe, qui a perdu du terrain vers la première zone d’importation qu’est l’ensemble Afrique du Nord et Moyen-Orient, et au profit de l’Amérique du Sud, Brésil en tête.
4,7 millions de bovins vivants, hors reproducteurs, ont été exportés dans le monde en 2025, sans compter les flux intra-européens. L’Union européenne était le point de départ de 500 000 d’entre eux.
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Des flux mondiaux distincts de bovins vivants
L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient demeure la zone qui importe le plus de bovins vivants, avec 1,807 million de têtes en 2025. « Elle se fournit en Amérique du Sud et en Europe », précise Maximin Bonnet de l’Idele, lors d’un webinaire sur les marchés mondiaux. Parmi les autres flux qui se distinguent sur la planète, « une boucle nord-américaine, Mexique, USA et Canada, qui fonctionne en circuit fermé, et qui a été très perturbée en 2025 par la lucilie bouchère qui a limité les flux du Mexique vers les États-Unis », continue le spécialiste, avant de mentionner les envois de l’Australie, « qui se sont concentrés vers l’Indonésie et le Vietnam ».
« L’Amérique du Sud s’est montrée très agressive sur la Turquie »
Le Brésil s’impose en Afrique du Nord et au Moyen-Orient
« Il y a une explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée depuis trois ans » constate Maximin Bonnet. Le principal moteur de cette hausse est le Brésil, qui a exporté plus d’un million de bovins l’an dernier, c’est près de 12 fois plus qu’il y a dix ans. Les chiffres donnent le tournis, les exportations de bovins vifs du Brésil vers le Liban ont été progressé de 54 % entre 2015 et 2025, elles ont été multipliées par 13 vers l’Irak. Et le pays a pris pied chez de nombreux importateurs où il n’était pas ou peu présent en 20 : la Turquie (346 000 têtes l’an dernier), l’Égypte (186 000), le Maroc (180 000), l’Arabie saoudite (51 000) ou encore l’Algérie (19 000).
| 2015 | 2025 | |
| Liban | 50 000 | 77 000 |
| Jordanie | 27 000 | 13 000 |
| Irak | 13 000 | 168 000 |
| Turquie | - | 346 000 |
| Égypte | - | 186 000 |
| Maroc | - | 180 000 |
| Arabie saoudite | - | 51 000 |
| Algérie | - | 19 000 |
| Émirats arabes unis | - | 1 000 |
La Colombie et l’Uruguay ont aussi développé leurs envois, de respectivement 68 % et 120 % en dix ans. « L’Amérique du Sud s’est montrée très agressive sur la Turquie notamment, face à une Union européenne trop chère, le Maroc aussi se tourne davantage vers ces fournisseurs » complète Maximin Bonnet.
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Recul des exportations européennes
Le poids de l’Europe sur les exportations de bovins vivants a en effet chuté sur la décennie écoulée, avec des envois qui ont reculé de 31 % entre 2024 et 2025. L’Europe a perdu le marché turc, mais aussi baissé fortement au Liban, en Lybie, en Égypte, en Jordanie, en Tunisie et en Algérie. Le Maroc a néanmoins développé ses achats (multipliés par 13 en dix ans à 79 000 têtes en 2025) ainsi qu’Israël (+49 % à 142 000 têtes). Les raisons d’une telle baisse sont à chercher du côté du manque d’offre, « et d’une bonne demande intra-européenne, qui fait que les animaux restent sur le territoire » nuance le spécialiste. Mais il ne faut pas oublier les circonstances sanitaires, la MHE, la FCO et la DNC ont limité les envois vers les pays-tiers.
« La très forte hausse des prix en Europe a changé la donne »
« La très forte hausse des prix en Europe a changé la donne » assène Maximin Bonnet. Chiffres à l’appui : entre 2022 et 2025, le prix moyen d’un bovin exporté d’Europe a progressé de 531 €/tête. Au départ du Brésil, il a baissé de 60 €, de Colombie de 35 € et d’Australie… de 475 €. Le Brésil fournit 55 % des bovins importés par la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient et l’Union européenne ne pèse plus que 15 %, grâce aux exportations roumaines et espagnoles.

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Face à l’envolée des prix des bovins européens, la solution sud-américaine
« Tant que le Maroc et le Liban gardaient une forte proportion de bovins originaires d’UE, les prix étaient élevés, mais la croissance de l’origine Amérique du Sud a permis de modérer les tarifs », explique Maximin Bonnet, « ce qui permet de répondre à la demande, malgré un pouvoir d’achat limité ».